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carte du Japon et des régions les plus touchées par les séisme en 2011

11 mars… 2011 – Au Japon, une catastrophe naturelle et nucléaire sans précédent

Pour tout le Japon, et plus encore pour ses côtes pacifiques, le 11 mars 2011 reste à jamais gravé dans les mémoires comme l’un des jours les plus funestes de son histoire. Le pays subit en effet une triple catastrophe : un séisme, un tsunami et une explosion nucléaire. Dix ans après, retour chiffré sur les événements dont le bilan continue d’évoluer…

Carte des intensités du séisme par préfectures. ©own work CC BY-SA 3.0

Un an après Haïti, au Japon, le 11 mars 2011 à 14h46 heure locale, un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter frappe les côtes de l’île de Honshu (la plus grande du pays).
L’épicentre du tremblement de terre se situe à 130 km de la ville de Sendaï, au nord de Fukushima, et à environ 30 km de profondeur.

10 minutes après, un gigantesque tsunami atteignant parfois une hauteur de 30 mètres, s’abat sur 600 km de côtes et jusqu’à 10 km dans les terres.
Les 3 régions les plus touchées sont, du Nord au Sud, les préfectures d’Iwate, de Miyagi (qui comprend la zone la plus foncée sur la carte) et de Fukushima.

A Fukushima, des explosions en chaîne

Dans cette dernière, à Ōkuma plus précisément, une vague de 15 mètres touche de plein fouet la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et provoque un accident de niveau 7 (niveau maximal).
Les réacteurs 1, 2 et 3 – alors les seuls en service sur 6 – se sont arrêtés automatiquement dès les premières secousses. Mais une accumulation d’erreurs techniques et humaines provoquent l’entrée en fusion des réacteurs, qui engendrent une troisième catastrophe…
Le 12 mars, à 15h36, une forte explosion avec projection de débris et émission d’un panache blanc de fumée ou de vapeur d’hydrogène se produit dans le bâtiment du réacteur n°1.
Dès lors, et jusqu’au 15 mars, les explosions et les rejets radioactifs s’enchaînent dans les autres bâtiments de la centrale nucléaire. L’ampleur du désastre est comparable à celui de Tchernobyl, en avril 1986.

Un bilan catastrophique

25 milliards d’euros de décontamination

470 000 personnes sont déplacées suite au séisme et au passage du tsunami.
Parmi elles, 160 000 personnes ont déserté Ōkuma dans un rayon de 20 km et plus, craignant une contamination radioactive. En 2020, 80% des habitants évacués de chez eux ne seront toujours pas revenus.
Ressenti jusqu’en Chine et même sur le continent américain, le séisme provoque des dégâts d’une ampleur considérable au Japon, y compris à Tokyo, situé à 380 km de l’épicentre. Mais la reconstruction seule n’est rien. Il faudra en effet effectuer une large décontamination des sols suite à la catastrophe nucléaire. Le coût de cette opération s’élèvera à plus de 25 milliards d’euros.

Décès directs et indirects

Au niveau humain également, le bilan, qui continue d’évoluer année après année, reste très impressionnant : près de 18 000 morts au total, et un nombre grandissant de cancers consécutifs à l’irradiation…

Plus de 25 000 personnes ont subi des doses élevées de radiations avec des risques importants pour leur santé. L’iode 131 a en effet contaminé près de 18 000 km2 de terrain. De même, des doses critiques de césium, radioactif pendant environ 30 ans, ont été constatées sur plus de 30 000 km2. Certains évoquent le nombre de nouveaux cancers d’ici à 2026, à hauteur de 66000.
Enfin, une autre conséquence non négligeable du 11 mars 2011 est le nombre de «décès indirects dûs à des suicides ou à une dégradation des conditions de santé suite à l’évacuation» (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) soit 2267, en 2019.