Archives par étiquette : Sports

22 juillet… 1894 – De Paris à Rouen : la première course automobile de l’histoire

Le 22 juillet 1894, 21 concurrents s’élancent dans la toute première course automobile de l’histoire, véritable coup de pub pour ce nouveau mode de transport encore très peu répandu. Organisé par Le Petit Journal, grand quotidien de la capitale, le concours se déroule entre Paris et Rouen.

Une du Petit Journal du 6 août 1894, montrant Louis Rigoulot dans sa Peugeot, au départ de la course Paris-Rouen. ©T.Belack?/Wikimedia Commons. Domaine public

En avant toute !

Sur la ligne de départ Porte Maillot, ce 22 juillet 1894, 21 concurrents ont pris place. 106 étaient inscrits à l’origine, un nombre écumé au rythme d’épreuves qualificatives les jours précédents.
A 8h01, le signal est donné. Les voitures s’élancent une à une à 30 secondes d’intervalle. Enfin, s’élancent… c’est une façon de parler quand on sait que la vitesse maximale atteinte lors cette course sera de… 22 km/h !

Les pionniers de la construction automobile sont là, admirés par près de 30 000 spectateurs présents. Panhard et Levassor, Peugeot, Serpollet, De Dion et Bouton… A vapeur ou à pétrole, les voitures avec lesquelles ils ont choisi de concourir rivalisent de technicité et d’originalité. Certaines ont tout d’un fiacre dont il ne manque que le cheval, d’autres ressemblent à des carrosses qui placent face à face les passagers… Bref, rien qui ne laisse présager, même de très loin, la future Formule 1 !

5000 francs attendent le vainqueur. Mais celui-ci ne sera pas forcément le premier arrivé… En effet, la victoire dépend de 3 critères jugés tout au long des 126 km qui distancent les deux villes : la maniabilité, la sécurité, et le coût financier du transport.

Des essieux cassés ont raison de 2 concurrents, tandis que les autres luttent avec leurs roues en fer ou en caoutchouc plein, les routes empierrées qui coupent net leur élan, la poussière et la suie qui recouvrent les têtes des conducteurs, et le manque de signalisation qui oblige certain à couper à travers champs !
Tout cela suivi bien évidemment par des cyclistes qui avancent au même rythme !

9 heures et 40 minutes après le départ, soit à 17h40, le comte de Dion déboule au volant de son tracteur à vapeur !
Mais alors qu’il pense être le vainqueur pour être arrivé premier, le jury du Petit Journal rappelle que la rapidité n’est pas le critère principal pour gagner…
Arrivés peu de temps après lui, deux Peugeot puis une Panhard-Levassor, à qui le premier prix est décerné ex-aequo.

Une tradition est née

Face à tel engouement du public pour ce genre de manifestation, des courses automobiles vont dès lors être organisées chaque année de «ville à ville». Ainsi:
– les 11 et 12 juin 1895, une course a lieu entre Paris et Bordeaux,
– du 24 novembre au 2 décembre 1896, une autre est organisée faisant Paris-Marseille-Paris,
– en 1897, trois compétitions sont proposées : Marseille-Nice-La Turbie, Paris-Dieppe et Paris-Trouville;
– etc.

Déjà, lors de ces courses-là, les véhicules se diversifient, les difficultés s’accentuent et les premiers morts sont à déplorer… Rien qui ne fasse pour autant renoncer à ce sport d’un nouveau genre et voué à perdurer !