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Portrait en pied du président de la République, le maréchal Mac-Mahon

20 novembre… 1873 – Le président Mac-Mahon inaugure le septennat en France

Depuis la chute de l’empereur Napoléon III puis l’occupation du pays par les Allemands, les Français envisagent sérieusement un retour à la monarchie. En attendant sa restauration, le pouvoir exécutif est confié au maréchal Mac-Mahon, alors « président de la (IIIe) République », pour sept ans.

Le maréchal-président de Mac Mahon inaugura le septennat, sous la IIIe République. Mayer et Pierson — [1] Domaine public

L’impérialisme est un échec, les Français en ont eu la preuve par deux fois. La dernière s’est conclue par la capitulation de Napoléon III à Sedan, le 2 septembre 1870.
Suite à cela, durant de longs mois, Paris a subi un siège éprouvant obligeant le pays à signer la paix, selon les conditions de l’ennemi prussien.
Humiliée, affaiblie, la France doit à présent se reconstruire. Et semble indécise sur le régime politique à adopter…

République ou monarchie ?

Dès le 4 septembre 1870, la République a été proclamée par le député Léon Gambetta.
Mais l’Assemblée nationale est essentiellement monarchiste.
Sa majorité se divise en deux catégories:
– les légitimistes d’un côté, sont partisans de la monarchie de droit divin et de la branche des Bourbons dont l’héritier est le comte de Chambord, petit-fils de Charles X (1824-1830).
– les orléanistes de l’autre, préfèrent la branche des Orléans de Louis-Philippe Ier (1830-1848). Ils sont favorables à une monarchie parlementaire et tricolore. Son représentant est le comte de Paris.

Premier sollicité pour prendre le pouvoir, le comte de Chambord exige, le 6 juillet 1871, que la France renonce au drapeau tricolore. Une aberration qui fait un temps renoncer les Français à lui confier leur destin. En effet, ce drapeau est un symbole trop chèrement acquis durant la Révolution. Le 31 août 1871, on élit donc Adolphe Thiers, président de la IIIe République.

Deux ans plus tard, déçus par lui, les députés remplacent ce dernier par le maréchal Mac Mahon, un monarchiste.
La question d’un retour à la royauté est ainsi ravivée. Et les deux camps tombent d’accord sur l’héritier du trône : le comte de Chambord, cinquantenaire et sans enfant, prendra le premier les rênes du pouvoir. Le comte de Paris, jeune et chargé de famille, lui succèdera à sa mort.

Tout est enfin clair et le retour à la monarchie, fin prêt à être concrétisé.
Mais alors que Paris se prépare à accueillir son nouveau roi, celui-ci réitère le 23 octobre 1873, son refus de conserver le drapeau tricolore.
Les députés sont de nouveau consternés. Tant pis pour le comte de Chambord, il faudra trouver une autre solution.

Sept ans pour réfléchir

En attendant de restaurer la monarchie, l’Assemblée décide de proroger pour une durée de sept ans le mandat du maréchal Mac Mahon.

Le pouvoir exécutif est confié pour sept ans au maréchal de Mac-Mahon, duc de
Magenta, à partir de la promulgation de la présente loi ; ce pouvoir continuera à être
exercé avec le titre de président de la République et dans les conditions actuelles
jusqu’aux modifications qui pourraient y être apportées par les lois constitutionnelles
.
(Loi du 20 novembre 1873)

C’est de cette façon qu’en espérant ré-instaurer un jour le régime monarchique, la France s’ancre doucement mais sûrement – et pour longtemps – dans le régime républicain…