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photo aérienne en noir et blanc montrant la propagation de gaz asphyxiant sur les tranchées

22 avril… 1915 – Usage de gaz asphyxiants sur les Alliés

Près du village flamand de Langemarck en Belgique, ce 22 avril 1915, les forces alliées sont surprises par un épais nuage vert jaunâtre provenant des tranchées allemandes. Il s’agit d’un gaz suffocant qui va faire des milliers de victimes…

Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques pendant la Première Guerre mondiale.
Domaine public

La guerre n’avait pas commencé depuis deux mois que déjà, les troupes allemandes comme les troupes alliées se sont retranchées dans des… tranchées. Aussi, en avril 1915, la situation stagne et les états-majors cherchent un moyen de rompre l’inertie et de percer le front ennemi. Côté allemand, le pays étant alors le n°1 mondial de la chimie, on pense aux gaz.

Attaque surprise au chlore liquide

Ainsi lancent-ils la toute première attaque chimique à Langemarck, près de la ville d’Ypres, en Belgique. Les soldats postés à cet endroit reçoivent pour cela des bonbonnes de chlore liquide, très toxique et suffocant. Une fois le vent favorable, ils les ouvrent. Les soldats alliés sont alors surpris par une fumée colorée qui envahit leurs tranchées. Nombreux sont ceux à fuir vers l’arrière mais plusieurs centaines tombent, empêchés de respirer. Beaucoup d’entre eux resteront handicapés à vie.
Les Allemands profitent de cette retraite précipitée pour avancer. Mais une autre ligne de défense quelques kilomètres plus loin les forcera à s’arrêter…

Forts de ce succès, les Allemands lancent une deuxième salve, dans le même secteur un mois après, dans la nuit du 22 au 23 mai. Mais cette fois, les Britanniques s’y sont préparés et l’effet de surprise est nul. Ces derniers ne sont pas pour autant plus habiles lorsqu’ils ripostent au mois de septembre suivant, à Loos, près de Lille.

Le gaz moutarde comme arme d’usure

Certes efficace, le chlore liquide est vite remplacé par les Allemands, qui ambitionnent d’utiliser des obus chimiques. Dans ce but, ils mettent au point un gaz vésicant (attaquant la peau, les yeux et les muqueuses, en particulier les voies respiratoires, de façon irréversible). Il s’agit du sulfure d’éthyle dichloré, plus connu sous le nom de « gaz moutarde ».
Et les premiers ennemis à en faire les frais sont de nouveau les soldats français et britanniques situés dans la région d’Ypres. C’est donc naturellement que le gaz prend l’autre surnom de gaz « ypérite ».
Attaqués dans la nuit, les Alliés ne sentent rien de plus au départ qu’une légère odeur piquante mais à leur réveil le lendemain matin, des douleurs intolérables et des cloques leur recouvrent le corps. Près de 15 000 soldats sont touchés. Certains n’y survivent pas.

Les attaques chimiques se poursuivent jusqu’en 1918, tant elles usent efficacement l’adversaire, but ultime recherché par l’attaquant. Elles sont surtout un recours des Allemands, mieux fournis en la matière que les Alliés.
A la fin de la Grande Guerre, le bilan humain de la guerre chimique est lourd. On compte environ 500 000 tués et blessés sur le front occidental, et 200 000 minimum sur le front russe.