Archives par étiquette : poète

8 juillet… 1621 – Naissance de Jean de La Fontaine

Qui n’a pas appris Le corbeau et le renard? Le lièvre et la tortue? La cigale et la fourmi? Ou encore Le lion et le rat? Ces fables, sans doute les plus célèbres de la littérature française, sont toutes l’oeuvre de Jean de La Fontaine, poète de génie né le 8 juillet 1621 sous le règne de Louis XIII, accompli sous celui de Louis XIV puis passé à la postérité…

Jean de La Fontaine – ©Skara kommun / Flickr (CC BY 2.0) – Non modifié.

Un poète (relativement) bien né

Jean naît à Château-Thierry en Champagne. La famille – sa mère et son père ainsi qu’Anne, sa demi-soeur, et son petit frère Claude – mène une existence aisée de bourgeois de province, grâce à la fortune personnelle de sa mère et à la charge de maître des eaux et forêts de son père.
Charles, ce dernier, a néanmoins des ambitions plus grandes et voudrait accéder à la noblesse. Il fait croire pour cela qu’il est écuyer et qu’il a le droit de porter la particule « de ». Un mensonge dont son fils Jean devra répondre des années plus tard…

Destiné à l’Eglise, Jean entre à l’Oratoire, maison religieuse stricte, à 20 ans. Là, il ne cache pas son appétence pour l’écriture de poèmes et son inclinaison pour les romans d’amour plus que pour les psaumes… Il quitte la voie écclesiastique.
De retour dans sa campagne, il lit, écrit, fréquente les milieux lettrés et les femmes.
Son mariage avec Marie Héricart en 1647, à respectivement 26 ans et 14 ans, sera un échec. De cette union naîtra quand même un fils, Charles, qu’il délaissera au point, plus tard, de ne pas le reconnaître dans la rue.

Vers les hautes sphères

Jean de La Fontaine publie une première pièce sans grand succès, en 1654, l’Eunuque.
La mort de son père en 1658 le laisse dans une situation financière délicate malgré sa propre charge de maître des eaux et forêts. Il cherche donc un protecteur et n’hésite pas pour cela à viser les très hautes sphères.
Ce sera Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances de Louis XIV. Contre pension régulière, Jean lui écrit des oeuvres, notamment deux poèmes, Adonis (1658) et le Songe de Vaux (1659).
Cette protection de prestige ouvre les portes des sociétés précieuses à Jean de La Fontaine et lui permet de rencontrer de grands artistes comme Charles Perrault et Molière.

Après la disgrâce de Fouquet par Louis XIV en 1661, Jean de La Fontaine prend sa défense avec l’Elégie aux nymphes de Vaux (1662) et l’Ode au roi (1663), deux écrits qui le pousseront à s’exiler un temps à Limoges.
En 1665, il publie un premier recueil de Contes et Nouvelles. Deux autres suivront en 1666 et 1671. S’y ajoute le roman les Amours de Psyché et de Cupidon.

Les Fables, clé du succès

Sous la nouvelle protection de la duchesse d’Orléans, il fait paraître les 6 premiers livres des Fables, soit 124 fables dédiées au dauphin, fils du Roi-Soleil.
Le poète se révèle alors aussi moraliste. Dans ses recueils, il met en scène des animaux pour critiquer les hommes et les maux de l’époque. Simples, imagées, pleines de bon sens et drôles à la fois, ces fables rencontrent un immense succès auprès des petits et grands, et popularisent un genre peu connu jusqu’alors.
En 1678 et 1679 paraîtront 87 nouvelles fables.
A sa mort en 1695, il en aura écrit 240 au total. Un bien grand nombre comparé à celui que nous connaissons pour la plupart… 2 ? 3 ? 6 ? Allez… 8 ?

Quand la duchesse d’Orléans meurt en 1672, Jean de La Fontaine se place sous la protection de Madame de La Sablière. Il fréquente toujours Molière (qui mourra l’année suivante), Racine, Boileau
Il écrit alors un livret d’opéra pour Lully, Daphné (1674), plusieurs pièces de théâtre et un recueil de contes licencieux intitulé les Nouveaux Contes.

Consécration

Célébré par tous ou presque, La Fontaine entre à l’Académie française en 1684, succédant ainsi à Colbert et malgré l’hostilité de Louis XIV. Il poursuivra l’écriture de fables et aussi un nouvel opéra, l’Astrée. En 1693, Madame de La Sablière meurt.
Soutenu dès lors financièrement par une famille de banquiers, les Hervart, il meurt chez elle le 13 avril 1695 en grande estime pour son oeuvre, bien qu’ayant été contraint par son confesseur, sur son lit de mort, de renier ses Nouveaux Contes.
Son corps est déplacé au cimétière du Père-Lachaise, en 1817.