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2 août… 1914 – Premières victimes de la Grande Guerre

Alors que la guerre n’est même pas déclarée entre la France et l’Allemagne, deux soldats échangent des coups de feu et tombent, mortellement blessés. Ce 2 août 1914, ce sont les premières victimes de la Grande Guerre à déplorer. Il s’agit, côté français, du caporal Jules André Peugeot, 19 ans, et côté allemand, du sous-lieutenant Albert Mayer, 20 ans.

Soldats de la Grande Guerre (1914-1918). ©vivelafranc00powe/Internet Archive Book Images/Flickr.
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Quand l’espoir est encore permis

Comme 2 millions de jeunes Français, Jules André Peugeot a été appelé sous les drapeaux la veille, en prévision d’une guerre que la France espère encore pouvoir éviter.
Le président de la République Raymond Poincaré l’a lui-même affirmé:
«La mobilisation n’est pas la guerre. Dans les circonstances présentes, elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen d’assurer la paix dans l’honneur.»

Il s’agit néanmoins d’être prêt.

En effet, suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo le 28 juin, l’Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie le 28 juillet.
Le 1er août, l’Allemagne a à son tour déclaré la guerre à la Russie.
Or, la France, soucieuse de préserver son alliance avec celle-ci, avait assuré le tsar de son soutien 3 jours avant.

Le 1er août, à travers l’Europe, c’est la mobilisation générale. Le tocsin résonne jusque dans les plus petits villages de France.
Les troupes françaises, postées le long de la frontière allemande, gardent leurs distances de quelques kilomètres pour ne pas attiser un conflit qui peut encore ne pas avoir lieu…

Aux portes de la guerre

Rien n’y fait. Dans l’esprit des soldats, le combat est imminent. L’engagement officiel de la France dans la Grande Guerre n’est plus qu’une question d’heures, voire moins.
A Joncherey, près de Montbéliard, le 44ème RI est fin prêt à repousser l’ennemi allemand s’il venait à s’approcher.
Le caporal Peugeot tient un poste de surveillance avec son escouade.

Vers 10 heures ce 2 août, un soldat allemand, le sous-lieutenant Albert Mayer, arrive à cheval droit vers la sentinelle. Il bouscule celle-ci. Peugeot lui somme de s’arrêter mais il reçoit 3 coups de feu pour seule réponse. Il tire à son tour et touche Albert Mayer. Les deux soldats meurent de leurs blessures.

Le lendemain seulement, 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France.
Au terme des 4 années qui suivront, 9,5 millions de morts viendront s’ajouter aux deux premiers.