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30 août… 1748 – Naissance du peintre Jacques-Louis David

Connu pour son oeuvre néo-classique, le peintre David l’est aussi pour son engagement politique, aux côtés de Robespierre pendant la Révolution puis de Napoléon Bonaparte dont il devint le peintre officiel. La peinture du sacre de ce dernier, le 2 décembre 1804, est célèbre entre toutes.

Le sacre de Napoléon (1808, Paris, Musée du Louvre) – ©Jacques-Louis David. Domaine public

Il y a eu plusieurs essais, plusieurs versions du Sacre de Napoléon par Jacques-Louis David.
Dans chacune et surtout dans la version définitive (ci-dessus), l’empereur apparaît dans toute sa majesté, en pleine lumière. Il est le personnage principal de la scène. Ce n’est pas Joséphine qui est couronnée, mais Napoléon qui la couronne.
Jacques-Louis David n’aurait jamais songé à minimiser l’aura de Napoléon, à déplaire à son idole dans aucune des oeuvres le représentant, de façon réaliste ou sous forme d’allégorie.

David s’est rapproché de Bonaparte par conviction politique.
A la Révolution, il a pris fait et cause pour les idéaux républicains et l’instauration d’une démocratie en France. Il s’est engagé aux côtés des plus déterminés, menés par Robespierre.
Elu député jacobin à l’Assemblée, il a voté la mort du roi Louis XVI en 1793.
A la chute de Robespierre en 1794, il a été emprisonné. Une chance qu’il n’ait pas été guillotiné…

Après sa libération, il a trouvé en Bonaparte un nouveau modèle à suivre… et à peindre! Séduit en retour par cette attention, Napoléon en fait son peintre officiel le 18 décembre 1804. Il lui doit l’oeuvre le représentant à cheval, intitulée Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, qui fait écho à la seconde campagne d’Italie. Et bien évidemment, Le sacre de Napoléon, peint en 1808.
Pour cette oeuvre, il a fait poser la plupart des participants. Il en a même ajouté certains qui n’étaient pas présents comme Maria Letizia Ramolino, mère de Napoléon représentée assise, en tribune, au centre. Oeuvre de propagande avant tout, elle n’a aucun caractère religieux.
A l’instar de ses autres oeuvres, elle est politique.

Formé au style néo-classique par le précurseur et maître du genre, Joseph-Marie Vien, David utilise des références allégoriques antiques pour servir l’idéologie révolutionnaire puis impériale.
Pour ne citer en exemple que les oeuvres les plus emblématiques : Le Serment des Horaces (1784-85), L’intervention des Sabines (1799), Mars désarmé par Vénus et les Grâces (1824)…
Concernant les oeuvres plus réalistes et contemporaines : La mort de Marat (1793), un hommage du peintre au révolutionnaire, Madame Récamier (1800) et le Portrait de Siéyès (1817).

Né à Paris le 30 août 1748, Jacques-Louis David meurt à Bruxelles à l’âge de 77 ans, le 29 décembre 1825. Il s’y était exilé après la chute de Napoléon, alors qu’il était considéré comme « régicide » pour avoir voté la mort de Louis XVI…
Si son engagement politique l’aura mené plus d’une fois au plus près du couperet, il n’en a pas moins gagné, par son talent de peintre, une véritable notoriété de son vivant.