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Portrait photographique d'Oscar Wilde assis, pris par Napoléon Sarony en 1882

30 novembre… 1900 – Le génie Oscar Wilde meurt à Paris

Dandy insolent, Oscar Wilde est un génie et s’en revendique. Durant sa courte vie, il connaît aussi bien la gloire et le confort que la déchéance et le dénuement le plus total. Il meurt ainsi, à 46 ans, dans un hôtel miteux de Paris. 120 ans après, ses oeuvres sont toujours saluées.

Oscar Wilde à New York1882, par Napoleon Sarony — Library of Congress. Domaine public

«J’ai mis mon talent dans mon oeuvre ; mon génie est dans ma vie», se plaisait à dire Oscar Wilde.

L’homme est irlandais, né dans une famille aisée.
Doté d’une forte personnalité, il affiche dès sa scolarité à Oxford, son goût pour l’esthétisme et le mouvement décadent.
Il construit son personnage de dandy assumé, portant des costumes tape-à-l’oeil, décorant sa chambre de plumes de paon…
S’il est provocateur, le jeune homme n’en est pas moins éveillé, réactif, passionné. Il sort de ses études avec les plus hautes mentions.

Une réputation à entretenir

S’imaginant en premier lieu critique d’art, c’est dans la poésie qu’il va finalement se faire un nom. Un premier recueil intitulé Poems, publié en 1881, lui vaut déjà une reconnaissance et une invitation à donner des conférences aux Etats-Unis.
Après son retour en Europe et un passage de quelques mois par Paris, Oscar Wilde épouse Constance Lloyd, fille d’un riche conseil de la Reine. Ils auront deux fils, Cyril et Vyvyan.
En même temps qu’il écrit des pièces, des essais et des poésies, et bien que reconnu pour son talent d’écrivain, Oscar Wilde attache une importance fondamentale à sa réputation. Il ne se contente pas de parler d’esthétisme, il l’incarne. Et dilapide pour cela les richesses du couple – de sa femme en vérité.

Les extravagances d’Oscar Wilde auront raison de son mariage. De même que sa rencontre avec Lord Alfred Douglas, en 1891. Tombés éperdument amoureux, les deux hommes mènent une vie de débauche et affichent publiquement leur homosexualité, alors punie par la loi.
En 1895, le père de Douglas l’attaque en justice. Le 25 mai, il est condamné à la peine maximale réservés aux homosexuels, soit deux ans de travaux forcés.

Le génie à l’épreuve

Libéré en 1897, il ne tarde pas à retrouver son amant Alfred Douglas. Apprenant cela, sa femme Constance lui coupe les vivres pour de bon. L’écrivain entame alors une période de déchéance dont il ne ressortira pas. Le 30 novembre 1900, probablement atteint d’une méningite, il s’éteint à 46 ans dans la solitude et la misère la plus totale, dans un petit hôtel miteux aux 13 rue des Beaux-Arts à Paris.

Les oeuvres de l’écrivain lui ont survécu et continuent d’être étudiées, décryptées, saluées, cent-vingts ans après sa mort.
Citons Le Portrait de Dorian Gray bien sûr, publié en 1890 et très critiqué lors de sa sortie pour son «atteinte à la morale publique».
Egalement, Le Fantôme de Canterville, trois ans avant, en 1887.
Mais aussi et surtout, sa pièce maîtresse, L’Importance d’être Constant, en 1895.
Enfin et non des moindres, deux oeuvres tirées de ses années de travaux forcés : De Profundis, longue lettre d’une rare noirceur adressée à Douglas, puis La Ballade de la Geôle de Reading

A la vie, à la mort

Dans la mort aussi mais involontairement cette fois, Oscar Wilde se plaît aussi à provoquer avec le monument funéraire, longtemps jugé scandaleux, qui surmonte sa sépulture au cimetière du Père Lachaise : un sphinx ailé sculpté par Jacob Epstein.
L’édifice a fait d’ailleurs l’objet d’un rituel dans les années 1990 : les admirateurs et admiratrices déposaient des baisers, signe qu’Oscar Wilde associait à l’amour mais aussi au danger et à la mort. Les traces de rouge à lèvres ont sérieusement endommagé le monument funéraire. Il a été rénové en 2011 et protégé par des plaque de verre tout autour.