8 décembre… 1978 – «Voyage au bout de l’enfer», le succès choc de Cimino

Deuxième film de Michael Cimino, Voyage au bout de l’enfer est l’un des plus grands films traitant de la guerre du Vietnam. Critiqué autant qu’encensé à sa sortie, le 8 décembre 1978, le long-métrage a reçu de nombreuses récompenses…

Aux côtés de Voyage au bout de l’enfer : Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, Full Metal Jacket de Stanley Kubrick ou encore Platoon d’Oliver Stone.
Tous ces films ont la guerre du Vietnam pour toile de fond.
Mais alors que les trois derniers sont clairement des films de guerre, Voyage au bout de l’enfer s’attarde beaucoup moins sur les combats que sur le pouvoir de la guerre à changer un homme à jamais.

Trois amis au bout de l’enfer

L’histoire se déroule en 1968. Michael (Robert de Niro), Nick (Christopher Walken) et Steven (John Savage) travaillent dans une aciérie à Clairton, en Pennsylvanie. Les trois ouvriers sidérurgistes sont avant tout de très proches amis. Quand ils ne s’exposent pas à la fournaise de l’acier en fusion, ils partent chasser le cerf en montagne.
Jusqu’au jour où Mike, Nick et Steven sont mobilisés. Après le mariage de ce dernier, ils partent pour le Vietnam.
Ce qu’ils vivent là-bas dépasse l’entendement. Au bout de l’enfer, les trois hommes sont transformés. Qu’ils s’endurcissent comme Mike, ou s’affaiblissent comme Steven, cette guerre les dépasse et les traumatise… Prisonniers des Viet-Congs, ils sont victimes de la haine de leurs geôliers, qui leur imposent le jeu de la roulette russe.
Cet épisode changera la personnalité des trois hommes, brisant à jamais leur corps, leur esprit, et leur amitié.

Extrait de la scène de la roulette russe dans lequel Robert de Niro pose le revolver sur sa tempe

Le film de Michael Cimino dure 3 heures. Il se découpe en trois temps – avant, pendant et après-guerre – durant lesquels chaque personnalité se dessine et évolue plus ou moins drastiquement.
Le réalisateur n’hésite pas à jouer sur les longueurs, nécessaires au spectateur pour saisir la complexité des personnalités et s’y attacher.

Une implication physique et émotionnelle

Le deuxième film de Michael Cimino est un coup de maître : Voyage au bout de l’Enfer se révèle extrêmement convaincant. Or, le réalisateur le doit en grande partie à l’implication physique et émotionnelle de ses acteurs.
En effet, Robert de Niro a participé à la préparation du film. Il a aidé aux repérages et s’est immergé pendant six semaines dans le quotidien des ouvriers de Clairton.
De même, dans la scène de la roulette russe, il reçoit les coups pour de vrai. Puis, avec John Savage, il effectue lui-même la cascade de l’hélicoptère. Christopher Walken de son côté, a effectué un régime draconien pour maigrir pendant le tournage.
Quant à Meryl Streep qui interprète Linda, la petite amie de Nick, elle a accepté ce rôle pour être auprès de son mari John Cazale, acteur dans le film. Ce dernier est alors très affaibli par un cancer. Il décèdera avant la fin du tournage.

Critiques, entre enfer et paradis

Applaudi pour son réalisme et l’intensité de son discours, Voyage au bout de l’enfer est aussi hué. Au festival de Berlin en 1979, le film provoque en effet la colère des représentants soviétiques et cubains, qui le perçoivent comme une insulte au peuple vietnamien…

Côté box-office, c’est un véritable succès. Le film qui a coûté 15 millions de dollars, réalise 48,9 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis.
Plusieurs distinctions confirment ensuite cette réussite : 5 oscars dont celui du Meilleur film et celui du Meilleur réalisateur, et le Golden Globe du Meilleur réalisateur.

Ainsi auréolé dès son deuxième film, Michael Cimino ne le sera plus du tout par la suite…