24 mars… 1972 – «Le Parrain» de Coppola fait l’effet d’une bombe

Tiré du best-seller de Mario Puzo, Le Parrain, le film de Francis Ford Coppola est un succès phénoménal dès sa sortie en salles aux Etats-Unis, le 24 mars 1972. Suivi de deux autres films, Le Parrain II en 1974 et Le Parrain III en 1990, il devient une référence en matière de films de gangsters et de mafia.

Le Parrain (1972) de Francis Ford Coppola, Bande-annonce d’époque HD

«J’ai toujours pensé Le Parrain comme l’histoire d’un roi et de ses trois fils. Le plus âgé a reçu la passion et l’agressivité, le deuxième, sa douceur et ses gestes enfantins ; et le troisième, sa ruse et son calme», expliquait Francis Ford Coppola à propos du Parrain.
«C’était dans mon intention de faire un film authentique sur des gangsters italiens, sur comment ils vivaient, comment ils se comportaient, la façon dont ils traitaient leurs familles, célébraient leurs rituels», précisait-il encore.

Un film authentique sur la mafia sicilienne

S’inspirant du roman de Mario Puzo, Le Parrain, best-seller dès sa publication en 1969, Francis Ford Coppola a parfaitement atteint l’objectif qu’il s’était fixé.
Moyennant les protestations de la ligue italo-américaine des droits civils et celles de personnalités politiques, sans compter les menaces de mort, le scénariste-réalisateur-producteur dresse un portrait très réaliste des familles italiennes immigrées et influentes de New York, aux Etats-Unis. En témoigne notamment le dialecte sicilien employé dans le film, véritable dialecte parlé dans le village Corleone, près de Palerme en Sicile.

L’histoire

En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles de la mafia. Don Vito Corleone, « parrain » de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo,  » parrain  » de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable.
Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe. Michael, le frère cadet de Sonny, recherche alors les commanditaires de l’attentat. Il tue Sollozzo et le chef de la police, en représailles.
Michael part alors en Sicile, où il épouse Apollonia, mais celle-ci est assassinée à sa place. De retour à New York, Michael épouse Kay Adams et se prépare à devenir le successeur de son père…

Dans la peau des Corleone

Dans le rôle de Don Vito Corleone, Marlon Brando, grimé «comme un bulldog» avec du coton dans les joues, est bluffant même s’il était, paraît-il, ingérable sur le tournage. Il refusait notamment d’apprendre ses textes… C’est Coppola et Albert S. Ruddy, les deux producteurs, qui l’ont choisi après avoir envisagé Laurence Olivier. Pour interpréter son fils Michael Corleone, le choix s’est avéré plus difficile. Avant Al Pacino, alors acteur de théâtre inconnu, Warren Beatty, Jack Nicholson, Dustin Hoffman, Robert Redford et Ryan O’Neal ont été envisagés. A ses côtés figurent James Caan, Robert Duvall, John Cazale
De même, si Francis Ford Coppola brille comme réalisateur du film, Sergio Leone, reconnu pour son Bon, la Brute et le Truand sorti en 1966, était pressenti avant lui. Mais celui-ci préférera réaliser son propre film de gangsters, Il était une fois en Amérique, en 1984…

Sur une mélodie déjà connue

Mais que serait Le Parrain, film aux deux oscars (dont un pour Marlon Brando, qu’il a refusé), sans sa musique, universelle et familière à tous?
Pour autant, Love Theme From The Godfather n’est pas l’oeuvre de Nino Rota, déjà célèbre pour sa musique du Guépard de Visconti et celles des films de Fellini. Pour Le Parrain, le compositeur a en effet repris la mélodie d’un film franco-italien de 1958, Melodia per fortunella. Sa reprise apportera néanmoins un autre oscar à la trilogie, suite au Parrain II !

Naissance d’une trilogie

Le Parrain est un succès immédiat. Sorti le 15 mars à New York, il est présenté sur tout le territoire des Etats-Unis le 24 mars. Le film aux 7 millions de dollars est le premier de l’histoire des Etats-Unis à dépasser les 100 millions de dollars de recettes au box-office. Son succès international encourage Coppola à réaliser deux suites, non prévues au départ : une en 1974 et une en 1990. L’occasion pour sa fille Sofia, qui est apparue bébé dans le premier opus, de faire ses véritables premiers pas au cinéma…