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28 mai… 1606 – Le Caravage, peintre et mauvais garçon

Peintre au talent reconnu, surtout dans la technique du clair-obscur, et très sollicité alors qu’il vit à Rome, Le Caravage tue un homme dans un duel pour une querelle de jeu, le 28 mai 1606. Il est alors contraint de s’exiler…

Le rôle du Caravage dans l’évolution de la peinture, qu’il a sublimée, est incontestable. Mieux, à son époque comme aujourd’hui, on qualifie l’homme de génie, dont témoignent ses plus grandes oeuvres comme Le jeune Bacchus malade (1591), Le Crucifiement de Saint Pierre (v. 1600-1601) ou encore La mort de la Vierge (1601-1606).

A travers ses peintures, Caravage a apporté un style novateur dans le traitement des thèmes religieux. L’artiste y humanise le divin, les saints sont représentés avec force réalisme.
A cela s’ajoute cette fameuse technique du clair-obscur qu’il a fait sienne. Celle-ci existait avant lui, bien sûr. Mais l’artiste ne s’est pas contenté de travailler les modelés du corps en jouant sur l’ombre et la lumière. Il a ajouté la mise en relief des sentiments, de l’état psychologique de ses sujets. Une révolution dans la mise en scène des textes bibliques…

Cette performance hors norme lui a valu autant d’admirateurs que de critiques, de l’Eglise notamment, son principal commanditaire.
Rien qui n’ait empêché cependant la naissance du « caravagisme », style dont un Georges de La Tour entre autres, fut l’un des plus fervents apprentis.

Peintre… et bagarreur

Le Caravage s’est tout autant attiré la célébrité de son vivant à travers un autre de ses talents: le scandale et la débauche.

Michelangelo Merisi da Caravaggio, né dans un village du côté de Milan, n’a pas vingt ans lorsqu’il arrive à Rome et entre comme élève au service du Cavalier d’Arpin. Admirateur de Raphaël, soucieux de peindre avec toujours plus de réalisme, il ne craint pas le scandale en misant sur la crudité de ses mises en scène et une grande théâtralité. Le Caravage attire vite l’attention et la protection de nombreux mécènes. Un succès qui lui joue parfois des tours…

Quand il ne peint pas des scènes religieuses, le jeune homme mène une vie de dépravé. Sanguin, il se bat, joue son argent et fréquente des garçons… Son recours assez systématique aux poings ou à l’épée lui valent d’être régulièrement emprisonné.
Toutefois, ses commandes étant toujours honorées, ses protecteurs lui passent ses écarts.
Jusqu’au jour du 28 mai 1606 où lors d’un duel sur le Champ de Mars, il tue son adversaire.
L’exil est sa seule option. Il fuit à Naples puis en 1607, à Malte. Là, il travaille pour les Chevaliers de l’Ordre de Malte mais doit à nouveau s’exiler. Atteint de malaria, il mourra avant 40 ans…