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2 décembre… 1859 – John Brown, grand défenseur de la cause noire, est exécuté

Surnommé le « Spartacus blanc », il est une figure mythique de la lutte contre l’esclavage, aux Etats-Unis. Le 2 décembre 1859, en Virginie, John Brown est pendu après avoir tué plusieurs militants du parti esclavagiste et tenté de soulever les esclaves noirs. Son exécution précède de peu la Guerre de Sécession.

A gauche : John Brown – reproduction photographique d’une œuvre d’art originale. ©Augustus Washington — [1] / Wikimedia Commons. Domaine public
A droite : Les marines attaquant l’arsenal tenu par John Brown lors de son raid à Harper’s Ferry
. Gravure publiée dans le Harper’s Weekly en novembre 1859. ©Harper’s Weekly / Wikimedia Commons. Domaine public

Natif du Connecticut, John Brown est de tout temps révolté par le sort réservé aux esclaves noirs. A l’âge de 12 ans, dans le Michigan, il a assisté à des scènes d’une rare violence d’un homme blanc frappant son esclave. En 1837 ensuite, un de ses amis, directeur d’un journal abolitionniste, a été assassiné. Enfin, les convictions de son père et La case de l’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, ont achevé de le convaincre de lutter pour la cause noire.

John Brown rallie à lui de nombreux abolitionnistes. Il faut dire qu’étant persuadé d’être l’envoyé de Dieu sur Terre, l’homme sait attirer l’attention ! Parmi eux, le philosophe Henry David Thoreau lui voue une fervente admiration et contribue à sa cause en donnant de nombreuses conférences.
Mais très vite, aux yeux de Brown, les mots ne suffisent pas. Ses actions vont ainsi devenir autrement plus violentes.

La lutte armée

La première se déroule à Pottawatomie, dans le Kansas, dans la nuit du 25 mai 1856 : avec une poignée de volontaires, John Brown tue à coups de sabre cinq militants du parti esclavagiste de la Loi et l’Ordre (Law and Order Party), les qualifiant de «légions de Satan».
Puis, le 2 juin, il en tue 23 autres.

Trois ans après, le 16 octobre 1859, il s’empare avec 21 hommes (16 Blancs et 5 Noirs) d’un arsenal fédéral à Harpers Ferry, en Virginie. Ce raid a pour vocation de lancer une insurrection armée. Mais il tourne au désastre : aucun esclave ne les rejoint dans leur rébellion.
La riposte est sanglante : Brown est blessé par plusieurs balles et deux de ses fils qui l’accompagnaient sont tués. Jugé à Charleston pour meurtre et trahison, John Brown est finalement exécuté par pendaison le 2 décembre 1859.
Avant de mourir, il affirme :

«Si j’avais fait ce que j’ai fait pour les Blancs, ou pour les riches, personne ne me l’aurait reproché.»

Des réactions mitigées

Parmi les abolitionnistes, tous n’approuvent pas l’usage de la violence fait par John Brown.
Le futur président Abraham Lincoln – il sera élu le 6 novembre 1860 -, bien que partisan de l’abolition de l’esclavage, ne s’est pas pour autant opposé à son exécution et condamne les méthodes de ce dernier.
Henry David Thoreau a contrario, écrit un Plaidoyer pour John Brown et prononce un éloge funèbre le jour de l’exécution.
De même, outre-Atlantique, sur l’île de Guernesey où il est exilé, l’écrivain et poète Victor Hugo adresse une lettre ouverte, publiée dans la presse américaine et européenne. Elle s’achève par ces mots :

«Oui, que l’Amérique le sache et y songe, il y a quelque chose de plus effrayant que Caïn tuant Abel, c’est Washington tuant Spartacus.»

John Brown, dessin de Victor Hugo. ©Victor Hugo ; Paul Chenay / Gallica – BNF. Domaine public

L’activisme et la mort de John Brown sont un des éléments déclencheurs de la Guerre de Sécession. Sa condamnation fournit aux abolitionnistes un martyr qui leur inspire même une chanson, le futur hymne des partisans de l’Union :

John Brown’s body lies a-mold’ring in the grave
His soul goes marching on

(Le corps de John Brown gît dans la tombe
Son âme, elle, marche parmi nous)