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5 septembre… 1972 – Attentat aux Jeux Olympiques de Munich

A l’aube du 5 septembre 1972, en plein JO d’été, huit membres de l’organisation palestinienne « Septembre noir » prennent en otage neuf athlètes de la délégation israélienne, dans leur appartement du village olympique à Munich. En cherchant à y accéder, ils ont déjà tué un premier athlète et un entraîneur.

Vue de face de l’appartement israélien aux Jeux Olympiques de 1972 à Munich, où les athlètes ont été retenus en otage lors du massacre de Munich. ©Interdire les oignons / Wikimedia Commons. (CC BY-SA 3.0)

A Munich, les Jeux Olympiques d’été ont démarré le 26 août. Dans cette Allemagne de l’Ouest social-démocrate, l’ambiance se veut détendue et joviale, à l’extrême opposé de celle qui a régné lors des Jeux Olympiques que la ville a déjà accueillis en 1936, sous Hitler. Mais là encore, Munich va être le théâtre d’une véritable démonstration de haine…

Cinq ans avant, du 5 au 10 juin 1967, s’est déroulée la guerre des Six Jours qui a opposé Israël à l’Egypte, la Jordanie et la Syrie. Au terme du conflit, Israël a du restituer les terres conquises aux trois pays arabes en échange de quoi ces derniers devaient le reconnaître comme un Etat à part entière. Dans le même temps, les Palestiniens étaient placés sous occupation israélienne.
Puis, il y a deux ans, de septembre 1970 à juillet 1971, un conflit d’une extrême violence a opposé les Jordaniens à l’Organisation de la Libération de la Palestine (OLP). Des milliers de Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués. Yasser Arafat et ses combattants ont été expulsés de Jordanie et ont trouvé refuge au Liban. En novembre 1971, l’organisation palestinienne « Septembre noir« , qui tire son nom de ce conflit, a assassiné le premier ministre jordanien Wasfi Tall.

Terreur aux Jeux Olympiques

Moins d’un an après, le 5 septembre 1972, à 4h30 du matin, un commando de la même organisation s’introduit dans le village olympique.

Habillés en survêtements de façon à laisser croire qu’ils sont des sportifs, les huit terroristes palestiniens sont chargés de fusils d’assaut dissimulés dans des sacs. Ils franchissent un grillage, aidés par des canadiens qui les prennent pour des athlètes. Ils pénètrent ensuite dans l’immeuble où se situent les deux appartements occupés par la délégation israélienne, composée de 21 sportifs et encadrants. L’un d’eux, Yossef Gutfreund, aperçoit les terroristes et crie pour alerter ses coéquipiers. Moshe Weinberg, entraîneur de lutte, s’interpose à son tour. Les terroristes lui tirent dessus et font une première victime. C’est ensuite au tour de Yossef Romano, un haltérophile, d’être abattu après avoir tenté de se défendre.

Neuf Israéliens sont pris en otage : Yossef Gutfreund, le membre de la délégation israélienne qui s’est interposé en premier, Kehat Shorr, entraîneur de tir sportif, Amitzur Shapira, entraîneur d’athlétisme, André Spitzer, entraîneur d’escrime, Yacov Springer, entraîneur d’haltérophilie, les lutteurs Eliezer Halfin et Mark Slavin, et les haltérophiles David Mark Berger et Zeev Friedman.
Les autres membres de la délégation sont parvenus à se cacher ou à fuir en sautant des balcons.

A 5h08, les terroristes informent les policiers de leurs revendications : en échange de la vie des neuf otages, ils exigent la libération de plus de 230 Palestiniens détenus en Israël.
Un otage sera abattu toutes les heures à compter de 9h tant qu’ils n’obtiendront pas gain de cause.
Les caméras du monde entier se tournent vers l’événement. Le conflit israélo-palestinien prend dès lors une aura internationale. Le terrorisme arrive sur le devant de la scène.
A 8h15, une compétition de dressage hippique se déroule comme prévu.

Aux exigences des terroristes, la première ministre israélienne Golda Meir répond fermement qu’il n’y aura aucune négociation possible. En réaction et pour montrer leur détermination, ils jettent le corps de Moshe Weinberg par-dessus le balcon.
Pour autant, les Palestiniens acceptent à 5 reprises de repousser leur ultimatum.
A 17h, ils exigent qu’un avion soit mis à leur disposition pour se rendre en Egypte avec leurs otages.

A leur arrivée à l’aéroport de Fürstenfeldbruck, vers 22h30, la police ouest-allemande lance l’assaut. Mais celle-ci n’a guère eu le temps de se préparer à l’opération. Les tireurs d’élite recrutés en hâte ne peuvent pas communiquer entre eux et ne sont donc pas coordonnés. De même, le nombre de terroristes a été sous-évalué.
C’est un carnage : les 9 otages sont tués, de même qu’un policier allemand et 5 terroristes – les 3 restants sont capturés -, soit 17 morts au total avec les deux sportifs israéliens tués le matin même au village olympique.

Pour la première fois, le drapeau des Jeux Olympiques est en berne.
Dans les jours qui suivent, les représailles aériennes par l’armée israélienne sur des camps palestiniens en Syrie et au Liban, sont terribles.
En 2012, l’Allemagne présente ses excuses pour la tournure tragique qu’ont pris les événements, 40 ans auparavant.