23 novembre… 2006 – Décès du Grand Duc, Philippe Noiret

Il est le premier des trois Grands Ducs de Patrice Leconte à partir. Ce 23 novembre 2006, la France est en deuil, Philippe Noiret est mort des suites d’un cancer. Ses compères, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, lui succèderont en 2017 et 2019.

Bonhomme, pudique, tendre bien que préférant le contact des chevaux à celui des hommes, complexé mais en toutes circonstances élégant… Tel est Philippe Noiret, que les Français pensaient immortel jusqu’à ce 23 novembre 2006 où l’acteur décède, à l’âge de 76 ans, d’un cancer.

Avec ses copains Rochefort et Marielle bien sûr, mais aussi Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Guy Bedos, Françoise Fabian, Bruno Cremer ou encore Annie Girardot, il a composé la bande du Conservatoire – surnommée la «bande à Bébel».
Noiret n’y a néanmoins jamais été élève. C’est à force de talent, de ténacité et de belles rencontres que l’homme est arrivé au sommet.

Premiers pas au théâtre

Avec ses 130 films et ô combien de prestations théâtrales, Philippe Noiret a gagné le coeur des Français. Tantôt drôle, tantôt grave, parfois émouvant, souvent provoquant, l’acteur a construit sa carrière au fil du temps et des rencontres, certaines plus décisives que d’autres.

Après trois échecs au baccalauréat, Noiret prend des cours d’art dramatique et entre au Théâtre National Populaire de Jean Vilar, en 1953. Pendant sept ans, il joue plus de 40 rôles avec sa troupe. Il y côtoie Gérard Philipe. Mais surtout, il rencontre sa future femme, l’actrice Monique Chaumette. «J’ai commencé à vivre quand j’ai rencontré Monique», confiera-t-il plus tard. «Qu’aurait-il été sans elle?», confirmera par la suite son ami Jean Rochefort.

Philippe Noiret doit son premier rôle au cinéma à Agnès Varda dans La Pointe Courte, en 1956. Il revient quatre ans après derrière la caméra dans Zazie dans le métro de Louis Malle.
Jusqu’en 1966, il va surtout tenir des seconds rôles. Son interprétation d’Alexandre le Bienheureux d’Yves Robert en 1967 attire l’attention du public et de la profession. Sa carrière cinématographique est lancée.

Une touche d’humanité

Au cours des trois décennies qui suivront, Noiret prendra part à des films aux genres très différents. Mais qu’il s’agisse de La Grande Bouffe (1973), de Coup de Torchon (1981), de L’Horloger de Saint-Paul (1974) ou encore des Ripoux (1984), l’acteur endosse chaque costume avec force conviction et toujours cette touche d’humanité qui le caractérise.

Sur les 130 films que Philippe Noiret totalisera, trois marquent particulièrement le public hexagonal: Le Vieux Fusil aux côtés de Romy Schneider, en 1975, lui vaut le César du meilleur acteur ; Cinema Paradiso en 1988 avec Salvatore Cascio et Jacques Perrin ; puis, La Vie et rien d’autre aux côtés de Sabine Azéma, qui lui vaut un deuxième César.

Une figure populaire

Moins sollicité derrière la caméra à la fin des années 1990, Noiret retourne à ses premières amours, le théâtre. Pour autant, le cinéma ne l’oublie pas et vice-versa. Il revient dans quelques longs-métrages parmi lesquels Les Côtelettes avec Bertrand Blier, Père et fils de Michel Boujenah, ou encore dans Edy avec François Berléand.

En cinquante ans de carrière, Philippe Noiret s’est inscrit comme une figure du cinéma populaire, sollicité et dirigé par les plus grands : Bertrand Tavernier, Jean-Paul Rappeneau, Alfred Hitchcock, Claude Zidi, Giuseppe Tornatore, etc. Parmi les premiers de la génération à disparaître, Philippe Noiret reste une référence pour ses contemporains et un géant pour la relève, qui continue aujourd’hui de s’en inspirer.