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Photo de cinq corps dont celui de Benito Mussolini suspendus après leur exécution

28 avril… 1945 – Benito Mussolini est exécuté sans procès

Alors qu’il fuyait Milan après avoir appris la reddition de son allié et protecteur allemand, Benito Mussolini est reconnu, le 28 avril 1945, par des partisans de Victor-Emmanuel III. Il est aussitôt exécuté, de même que sa maîtresse et d’autres prisonniers.

En prenant le pouvoir de force à Victor-Emmanuel III en 1922, Benito Mussolini est parvenu à remettre l’Italie d’aplomb et du même coup, à affirmer durablement son autorité. Pour autant, l’avènement du conflit mondial en 1939 entraîne une redistribution des cartes entre les puissances dictatoriales européennes. L’Espagne de Franco est en effet depuis 1937 sous la coupe d’Hitler. L’Italie quant à elle, ne peut refuser l’aide et la protection du Führer dès 1941…

Entre Mussolini et Hitler, donnant donnant

Le Duce mène alors à grand peine une guerre de conquête dans les Balkans et en Afrique du Nord.
Il ne parvient à ses fins que grâce au renfort de l’Allemand Erwin Rommel. Ce dernier prend la tête des troupes italiennes en plus de sa propre armée, et réussit à prendre la Libye. De même, en Yougoslavie comme en Albanie ou encore en Grèce, les victoires de Mussolini sont avant tout des victoires nazies.

Pour se remercier de cette aide apportée à son homologue fasciste, Hitler réquisitionne ensuite 160 000 soldats italiens pour soutenir la Wehrmacht à Stalingrad en février 1942. Cette bataille est un échec et 60 000 Italiens meurent sur le front russe. L’Italie est tout entière ruinée par l’effort de guerre. A l’hiver 1943, tandis que la population meurt de faim, les forces alliées reprennent le contrôle de l’Afrique du Nord.

Aller-retour au pouvoir

En échec politique tant sur le plan intérieur qu’extérieur, Mussolini se fait destituer par le Grand Conseil du fascisme, au profit de Victor-Emmanuel III. Arrêté par ce dernier puis libéré par un commando nazi lors de l’opération Eiche, le Duce se réfugie en Allemagne. Depuis Munich, en septembre 1943, il proclame la république italienne et la création du Parti Républicain Fasciste (PRF) en remplacement du PNF. Il rentre le 23 septembre pour constituer son nouveau gouvernement.

Mais la donne n’est pas la même qu’en 1922 pour Mussolini, qui n’a plus les arguments et la confiance que la population lui prêtait à l’époque. Aussi doit-il se résoudre à gouverner sous le contrôle de l’Allemagne. Celle-ci établit des troupes au nord du pays, contraint des milliers d’Italiens au travail forcé, et impose un commandement allemand aux soldats italiens.
Une guerre civile entre partisans de Victor-Emmanuel III et pro-Mussolini s’enclenche alors dès le mois de mai. Début 1944, ce dernier fait exécuter ceux qui l’ont évincé près d’un an avant. Parmi les «traîtres», son propre gendre Galeazzo Ciano.

Un Duce isolé, une population déterminée à se venger

Malgré ce coup de force, la situation ne va pas aller en s’améliorant. De plus en plus en Europe, l’Allemagne recule de tous côtés face à l’avancée des Alliés. Jusqu’en avril 1945 où apprenant la reddition imminente du régime nazi sans l’accord d’Hitler et plus isolé que jamais, Mussolini sait qu’il n’a plus d’autre choix que de fuir Milan.

Quelques fidèles, sa maîtresse Clara Petacci et lui sont arrêtés au bout de deux jours par des partisans de Victor-Emmanuel III qui ont reconnu le Duce. Ces derniers procèdent immédiatement à leur exécution, sans procès, le 28 avril 1945. Leurs corps sont ensuite ramenés à Milan où la foule, criant vengeance, commence à se les arracher. Les autorités les font alors suspendre par les pieds sur la Piazzale Loreto. Là, ils sont à la merci des railleries et des crachats. (cf photo ci-dessus: Mussolini est le 2e en partant de la gauche, sa maîtresse le 3e corps)
Apprenant le sort réservé aux dépouilles de Mussolini et de sa maîtresse, Hitler ordonne à ses hommes le 30 avril, qu’après s’être donné la mort avec Eva Braun, leurs corps soient immédiatement brûlés…