2 mai… 1832 – Premier succès de George Sand avec «Indiana»

Le 2 mai 1832, le milieu littéraire salue un roman tout juste publié, intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, cette critique de la vie bourgeoise est signé d’un inconnu du nom de George Sand

George Sand vers 1835. Pastel de Charles Louis Gratia. Collection particulière.
Domaine public

A la fois intrigue amoureuse et critique sociale de la bourgeoisie sous Louis-Philippe Ier, alors roi des Français, Indiana est un roman de moeurs tourmenté qui dénonce la triste condition de la femme dominée voire maltraitée par l’homme, passant de « fille de » à « épouse de » et/ou maîtresse.

«La solitude est bonne, et les hommes ne valent pas un regret», peut-on y lire.

Mais l’oeuvre en deux volumes dénonce également le rapport des hommes entre eux, qui condamne les plus désintéressés à une existence tout aussi spectrale.
Dans le roman, ces hommes sont Indiana et Ralph, dont les destins émeuvent le public.
Dans son édition du 31 mai, Le Figaro est dithyrambique.
Mais au fait, qui est George Sand, cet auteur inconnu des milieux littéraires de toute évidence si talentueux ?

Aurore et George, même combat

Derrière ce pseudonyme se cache en réalité une jeune femme de 28 ans, du nom d’Amantine Aurore Lucile Dupin.
Passionnée, exubérante, révolutionnaire et républicaine, Aurore ne craint pas de choquer en s’habillant en tenue d’homme et en fumant le cigare. Elle livre ses révoltes, ses combats et ses engagements à travers plusieurs écrits depuis déjà longtemps.

Indiana est sa première oeuvre écrite de sa seule main. Elle est alors mariée depuis dix ans au baron Dudevant avec qui elle a eu deux enfants, Maurice et Solange. Malheureuse en amour, elle entretient une liaison avec Jules Sandeau, également son partenaire d’écriture.
Le pseudonyme George Sand est un clin d’oeil à ce dernier.

Une femme libérée

Un autre homme va marquer la vie amoureuse et littéraire d’Aurore : l’écrivain Alfred de Musset, avec qui elle vit une relation passionnée de 1833 à 1835.

Bien qu’influente et toujours très engagée politiquement, surtout en faveur des travailleurs, la célèbre George Sand choisira de se retirer dans son château de Nohant, après les journées révolutionnaires de 1848. Elle y peaufinera ses plus grands romans : La Mare au diable, François le Champi et La petite Fadette

A sa mort en 1876, elle devient à jamais le symbole de la femme libérée.