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19 juin… 1805 – Naissance de Victor Baltard

« Baltard comme… Pavillon Baltard ? »
Pour les jeunes générations, le lien entre le nom et la salle de spectacles, lieu de tournage de plusieurs émissions de télévision (Nouvelle Star notamment), est évident.
Pour d’autres, plus anciennes, il évoque les Halles, et bien d’autres monuments…

Victor Baltard.
©Domaine public/Wikipedia.org

Victor Baltard est né le 19 juin 1805.
Architecte officiel de la ville de Paris pendant presque 30 ans (1841-1870), il a donné à la capitale une image à la fois moderne et classique, semblable à celle du Second Empire voulue par Napoléon III, pour qui il travaillait.

Des débuts remarqués

Ayant choisi l’architecture comme son père avant lui, Victor Baltard remporte en 1833 le grand prix de Rome, prestigieuse récompense de l’Ecole des Beaux-Arts qui lui permet de se former 5 ans en Italie. A la villa Médicis, il se lie d’amitié avec son directeur, le peintre Ingres.
Baltard rendra hommage à ce dernier en construisant son monument funéraire, au cimetière du Père Lachaise.

En tant qu’inspecteur des Beaux-Arts de la ville de Paris dès 1842, il prend en charge des grands chantiers pour le compte du diocèse de Paris. Il restaure des églises comme Saint Eustache, Saint Gervais ou encore Saint Etienne du Mont.
Mais celle qui de loin symbolise le plus magnifiquement son talent est l’église Saint Germain des Près, dont il rénove l’intérieur avec le peintre Flandrin.

Il construit également l’hôtel du Timbre, où il utilise pour la première fois le métal. Ce chantier succède à une première déception : celle de ne pas avoir gagné le concours pour le tombeau de Napoléon…

Dans le «Ventre de Paris»

En 1845, charge lui est confiée de construire ce qui restera comme l’une des oeuvres les plus emblématiques de Victor Baltard : les Halles.
Elles sont d’abord imaginées en pierre, ce qui conduit les Parisiens à surnommer l’endroit le « Fort des Halles ». Napoléon III se serait opposé à ce chantier en s’écriant : «Ce sont des parapluies qu’il me faut, rien de plus!».
Baltard élabore alors, cette fois sous la direction du préfet de la Seine Haussmann, une structure en fer, en fonte et en verre – trois matériaux à la mode à l’époque. En somme, comme voulu par l’Empereur, et tel que décrit par Le Figaro en 1866, «un immense parapluie de 20 000 mètres de superficie.»
Ces halles abritent dès lors « le ventre de Paris » comme les surnomme Emile Zola.
Elles seront déplacées à Rungis le 2 mars 1969.

Halles centrales de Paris – ©Lancelot/Domaine public

Des Halles de Victor Baltard, remplacées par le Forum des Halles, ne reste aujourd’hui qu’un pavillon sur les 12 originaux : le n°8, racheté par la ville de Nogent-sur-Marne et surnommé le Pavillon Baltard.

Fer un jour, fer toujours

Des Halles aux abattoirs de la Villette, du marché Secrétan au siège des pompes funèbres municipales (aujourd’hui le Centquatre), en passant par les candélabres du Pont NeufVictor Baltard a modernisé la capitale sans ménager son utilisation du fer, mais aussi de la fonte et du verre.

Autre nouvel exemple, figurant comme le couronnement de sa carrière : l’église Saint Augustin, voulue par Haussmann boulevard Malesherbes. Son armature est entièrement métallique, y compris son immense coupole de 60 mètres de haut, voulue par le préfet de la Seine.

Son chef d’oeuvre est inauguré en mai 1866.
Victor Baltard s’éteint le 13 janvier 1874.