26 septembre… 2019 – Décès de l’ancien président Jacques Chirac

La France célèbre le premier anniversaire de la mort de Jacques Chirac, décédé jeudi 26 septembre 2019 à l’âge de 86 ans. Sur le plan national plus qu’international, le 5ème président de la Vème République a marqué l’histoire de son empreinte, entre 1965 et 2007.

Jacques Chirac à Berlin le 3 mai 2007. ©dpa picture alliance archive / Alamy Banque D’Images

De la Corrèze à l’Elysée

En apprenant la mort de l’ancien président ce 26 septembre 2019, l’Assemblée Nationale et le Sénat observent immédiatement une minute de silence, rendant hommage à cet homme aimé et proche des Français.
Bien sûr il y a ce côté charmant et charmeur que quiconque lui reconnaissait et qui le rendait attachant. Un charme dont il savait d’ailleurs jouer avec la gente féminine, sans se soucier des caméras.
Mais Jacques Chirac a marqué autrement et durablement la France en grimpant les échelons à travers autant de mandats que de fonctions…

  • 1965 : Jacques Chirac, 33 ans, est élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze, berceau familial du côté de sa mère.
  • 1967 : Il gagne la circonscription originellement de gauche d’Ussel, en Corrèze et devient donc député. Il le restera près de 30 ans, jusqu’en 1995.
  • 1967-1968 : Le premier ministre de De Gaulle, Georges Pompidou, qui surnomme Chirac «mon bulldozer», le nomme secrétaire d’Etat à l’Emploi, auprès du ministre des Affaires sociales Jean-Marcel Jeanneney.
  • 1968-1971 : Après les événements de mars-mai 1968, il devient secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances. Il conserve cette fonction jusqu’en 1971.
  • 1971 : Sans consulter son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, le président Georges Pompidou nomme Chirac Ministre délégué aux relations avec le Parlement.
  • 1972 : Chirac accède aux hautes sphères gouvernementales sous Pierre Messmer, en étant nommé Ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Par cette fonction, il se rend proche des Français, arpente les régions et rencontre les élus locaux. De même, jusqu’en 2011, cet épicurien rend chaque année son passage au Salon de l’Agriculture, attendu et inoubliable.
  • 1974 : Au ministère de l’Intérieur depuis février, Jacques Chirac contribue largement, en mai, à faire gagner la présidence de la République à Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier le nomme aussitôt Premier ministre.
  • 1976 : Chirac quitte Matignon, en raison de profonds désaccords avec Giscard d’Estaing. Il dissout le parti de l’UDR (Union des Démocrates pour la Cinquième République) et crée le RPR (Rassemblement pour la République). Il est élu à sa tête à 96,52% des voix.
  • 1977 : Jacques Chirac est élu maire de Paris, fonction ressuscitée après plus de 105 ans d’absence, par le nouveau statut de la ville voté au Parlement. La capitale était en effet administrée par l’Etat.
    Chirac cumule trois mandats, réélu en 1983 et en 1989.
  • 1981 : Se présentant en «rassembleur des gaullistes», Chirac annonce sa candidature à l’Elysée. Il obtient 18% des suffrages au premier tour, distancé par VGE (28,32%).
  • 1986 : Chirac revient à Matignon pour une cohabitation historique avec le président socialiste François Mitterrand. Ce dernier dira de lui plus tard qu’il fut «le meilleur Premier ministre» que la majorité ait eu à son service.
  • 1988 : Chirac quitte de nouveau Matignon et brigue de nouveau la fonction présidentielle. Il arrive cette fois au second tour face à Mitterrand qui remporte de nouveau la majorité.
  • 1995 : Les portes de l’Elysée s’ouvrent enfin devant lui. Avec son slogan «La France pour tous» – et non pas «Mangez des pommes!» inventé par Les Guignols de l’Info -, il remporte l’élection avec 52,64% des voix face à Lionel Jospin.
  • 2002 : Chirac est largement réélu à 82% contre Jean-Marie Le Pen. Il entame un second mandat, réduit à 5 ans. Cette même année, il échappe à un attentat alors qu’il descend les Champs-Elysées à l’occasion du défilé du 14-Juillet.

L’héritage

S’il a occupé les premiers plans du paysage politique français durant quarante ans, Jacques Chirac a davantage oeuvré sur le plan intérieur qu’extérieur de la France, et cela entre 1995 et 2007.
De son double mandat présidentiel, on retient notamment les événements et mesures suivantes :

  • la reconnaissance de la responsabilité de la France dans les crimes nazis, en 1995;
  • la fin du service militaire, en 1996;
  • la fin du septennat après 129 ans d’application, en 2002;
  • son cri d’alarme à travers cette phrase percutante : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs», lors du Sommet de la Terre à Johannesburg, en 2002;
  • son «Non» catégorique à la 2ème guerre d’Irak, en 2003;
  • la réforme de la sécurité routière avec la mise en place des radars automatiques en 2003;
  • la création du musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, en 2006 (et rebaptisé musée Jacques Chirac en 2016);
  • l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en 2007;

Sans oublier :