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24 avril… 2002 – Patrick Dils est libéré de prison

Condamné à tort à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux enfants à Montigny-lès-Metz en 1986, Patrick Dils est libéré après quinze ans de détention, le 24 avril 2002. Il a alors 31 ans et devient un symbole de l’erreur judiciaire.

Lorsque Patrick Dils sort de prison ce 24 avril 2002, une autre affaire, symbole elle aussi d’erreur judiciaire, secoue la France. Il s’agit de l’affaire d’Outreau qui accuse à tort plusieurs adultes de pédophilie.

Au mauvais endroit, au mauvais moment

Patrick Dils lui, a été accusé d’avoir tué deux enfants, à Montigny-lès-Metz, lorsqu’il avait 16 ans. Il était à l’époque le seul à avoir été vu non loin d’eux et lorsque leurs corps ont été retrouvés, les soupçons se sont naturellement tournés vers lui. La pression des enquêteurs lors des interrogatoires et le mal-être de l’adolescent ont fait le reste : Patrick Dils est passé aux aveux, «croyant bien faire, puisque c’est ce qu’ils voulaient entendre», confiera-t-il plus tard. A cet âge il faut dire, on est facilement impressionnable.

Quinze ans d’enfance volée

Condamné à la prison à perpétuité, Dils va vivre l’enfer. A la surpopulation et au manque total d’hygiène, s’ajoute les viols répétés. Egalement, un respect de l’être humain au quotidien par les gardiens et les co-détenus, quasi inexistant. Quinze ans d’enfance volée et d’un manque évident de preuves de sa culpabilité après, Patrick Dils est finalement libéré.
C’est en réalité le tueur en série Francis Heaulme, aussi à Montigny-lès-Metz en 1986, qui se révèlera être l’auteur du double meurtre (voir le numéro de Faites entrer l’accusé, consacré au tueur en série).

Résilience et partage

Patrick Dils ne va pas cesser de faire parler de lui pour autant, bien au contraire.
Fort d’une étonnante résilience et sans haine aucune, l’homme est déterminé à vivre enfin, mais aussi à partager son expérience. Aussi, il parcourt la France pour témoigner de son vécu. Des livres et des documentaires se succèdent. Et plus récemment, en 2017, un téléfilm d’Yves Rénier intitulé Je voulais juste rentrer chez moi. Pour ne pas oublier…