6 juin… 1944 – Les Alliés débarquent en Normandie

Il y a 75 ans, le 6 juin 1944, les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. Parmi eux, des Américains, des Canadiens, des Anglais et même des Français. De là, va commencer la longue et fastidieuse libération de l’Europe du joug nazi…

Troupes américaines sur le point de débarquer sur la plage. ©DEPARTMENT OF THE NAVY Domaine public

Affaiblir l’Allemagne par l’Ouest

4266 navires de transport et 722 navires de guerre, répartis sur un front de près de 35 km et transportant pas moins de 130 000 hommes, débarquent à l’aube du 6 juin 1944 sur les plages de Normandie.
Ce débarquement a été baptisé opération Overlord par les officiers qui la préparent depuis un an et la dirigent. Il s’agit de Dwight Eisenhower et de ses adjoints Omar Bradley et George Patton, de même que de Bernard Montgomery.

A l’heure où l’Allemagne recule devant la Russie qui ne cesse de progresser à l’Est, l’objectif est d’affaiblir pour de bon l’armée d’Hitler en ouvrant un autre front à l’opposé, à l’Ouest.
Le risque n’est pas nul : certes, cette partie des côtes est moins bien défendue par les nazis que les ports du Nord. Mais des Pyrénées à la Norvège, ces derniers ont pris soin, au cours de la guerre, de parsemer quantité de fortifications. L’ensemble constitue le « Mur de l’Atlantique ».
De plus, en janvier, les Allemands ont inondé l’arrière-pays pour compliquer l’avancée des Alliés.

Ces derniers n’ont cependant pas manqué d’idée non plus. Ils ont monté l’opération Fortitude, visant à tromper Hitler sur le lieu du débarquement. Et ça a marché: le Führer est en effet convaincu que l’ennemi va arriver par l’endroit le plus étroit de la Manche, bien plus au nord. De fait, face à eux, ce 6 juin 1944 au matin, seulement 17 divisions allemandes leur font face, sur les 50 présentes dans la région.

Un débarquement par la mer et par les airs

Dans la nuit du 5 au 6, 23 500 parachutistes ont été lâchés derrière les lignes allemandes. Leur mission : dégager la plage Utah et couper la route entre Caen et Cherbourg, au niveau de Sainte-Mère-Eglise. Ils ne sont pas seuls. Les réseaux de résistance s’activent eux aussi. Ils ont été avertis du débarquement sur la BBC par des messages codés dont les deux fameux vers de Verlaine:
«Les sanglots longs des violons de l’automne / Blessent mon coeur d’une langueur monotone»

Au petit matin, des avions alliés et des cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises. Cinq divisions (2 Américaines, 2 Britanniques, 1 canadienne) débarquent sur les plages aux noms codés. Les deux premières divisions sur Utah et Omaha, les deux suivantes sur Gold et Sword, avec un détachement français de 177 hommes, le commando Kieffer. Les Canadiens, eux, débarquent sur Juno.

Un bilan humain catastrophique

Les Allemands sont en sous effectif et moins armés mais ils résistent autant qu’ils peuvent. Sur les plages, c’est un carnage. Néanmoins, à la fin de la journée, les Alliés sont parvenus à pénétrer dans les terres.

Mais en témoignent aujourd’hui les cimetières blancs aux abords des falaises normandes, les pertes durant ce débarquement auront été conséquentes: 3400 Américains, 3000 Britanniques, 335 Canadiens et 4000 à 9000 Allemands sont morts ou disparus.
A ce bilan tragique, s’ajoutent les 2500 civils tués dans les bombardements des villes normandes ce jour-là…