9 juin… 721 – Les arabes sont arrêtés à Toulouse

Occupant l’Espagne où ils ont chassé les Wisigoths puis installé leur suprêmatie dans l’Al-Andalus, les Omeyyades, dynastie de califes, décident de poursuivre leur conquête au-delà des Pyrénées. Mais ils seront arrêtés à Toulouse par Eudes d’Aquitaine, le 9 juin 721.

Bataille de Toulouse

A la conquête de l’Aquitaine

Toulouse était la capitale des Wisigoths lorsque ceux-ci occupaient l’Aquitaine, au Ve siècle.
Puis, après que leur roi Alaric II a été battu à Vouillé en 506 par Clovis, ils ont été contraints de se retirer en Espagne. L’Aquitaine est ainsi entrée dans la mouvance franque.
Mais avec le temps, et aidés des Vascons (Basques), peuple de la région des Pyrénées, les ducs se sont affranchis de cette tutelle pour devenir finalement, indépendante.

Jusqu’en 721 où le duc d’Aquitaine d’alors, Eudes, demande désespérément l’aide de ses voisins francs. Et pour cause, le maître de l’Al-Andalus, Al-Samh ibn Malik al-Khawlani, a décidé de récupérer les terres autrefois détenues par les Wisigoths, en plus de l’Espagne.

Dès 719, ses hommes ont franchi les montagnes et pénétré en Gaule. Ils ont pris facilement et successivement Narbonne, Nîmes et Carcassonne en pillant, violant et massacrant tout sur leur passage. Ne reste bientôt plus que l’Aquitaine et sa capitale rayonnante, Toulouse.
En apprenant cela, et en raison de la large supériorité numérique des Sarrasins, Eudes d’Aquitaine implore l’aide de Charles Martel. Ce dernier est alors maire du palais, duc et prince des Francs en Austrasie (région de Metz). Mais celui-ci est alors en pleine guerre contre les Saxons et reste sourd à ses appels.

Une victoire héroïque

Seul, Eudes décide alors de recruter des mercenaires vascons. Il obtient aussi des renforts de la Neustrie (région de Noyon et Paris) et de la Bourgogne.
Toulouse subit déjà un siège depuis plusieurs mois et manque de céder. Mais le 9 juin 721, Eudes profite de l’assurance exacerbée des Sarrasins, qui ne défendent que faiblement leur camp, pour effectuer une percée. La surprise est telle que, même inférieurs en nombre, les chevaliers et combattants du duc d’Aquitaine, parviennent à prendre le dessus sur l’ennemi, désorienté. Ce dernier panique et fuit tandis que leur chef Al-Samh ibn Malik al-Khawlani est arrêté puis tué. Les Omeyyades ont perdu près de 3750 hommes.

Cette défaite cuisante des musulmans ne les découragera pas pour autant et ceux-ci tenteront une nouvelle incursion en 732. Là, Charles Martel qui aura consolidé son pouvoir, descendra jusqu’à Poitiers où par une bataille mémorable, il mettra définitivement un terme à la menace musulmane.
Si l’histoire préférera retenir cette victoire-là contre les Sarrasins, celle de Toulouse n’en reste pas moins décisive et héroïque!