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9 octobre… 1940 – Il y a 80 ans naissait John Lennon

Provocant, spirituel, torturé, talentueux, boute-en-train, individualiste, pacifiste… Les adjectifs pleuvent quand il s’agit d’évoquer le plus emblématique des Beatles. Mort à 40 ans, «l’âge auquel la vie commence, à ce qu’on dit», John Lennon a néanmoins vécu pleinement. Dès sa naissance, en 1940.

Image par Richard Mcall de Pixabay

Papa ou maman

Lorsque John Winston Lennon vient au monde à Liverpool le 9 octobre 1940, c’est par une nuit de bombardement de la ville par les Allemands. C’est du moins ce que l’histoire retient. Son tempérament de feu lui viendrait-il de là ?…
A moins qu’il ne l’ait forgé lors de cet épisode traumatisant où ses parents Julia et Alfred, sur le point de se séparer, ont demandé à John, 5 ans, de choisir entre papa et maman…
Quoiqu’il en soit, le garçon affiche un caractère bien trempé que sa sévère tante Mimi, chargée de l’éduquer, tente de tempérer. En 1968, elle affirmera qu’«il a mal tourné ou presque, tout ça à cause d’Elvis Presley.»
Adolescent, Julia et lui se rapprochent. Doué pour l’écriture, ce fan du King et de rock’n roll l’est aussi dans la musique. Il joue de l’harmonica et sa mère lui offre sa première guitare. Elle lui apprend aussi le banjo. Leur lien, devenu très fort, se brise net le 15 juin 1958 lorsqu’elle meurt renversée par une voiture. Il lui dédiera une chanson, Julia, en 1968.

Lennon et McCartney

L’année qui précède la mort de sa mère, John a rencontré Paul McCartney. Les deux garçons ont de nombreux atomes crochus parmi lesquels leur goût indéfectible pour le rock’n roll bien sûr et plus tard, la disparition brutale d’un être cher. Paul a en effet perdu sa mère 2 ans avant, d’un cancer.

Avec Stuart Sutcliffe et George Harrison, les deux jeunes forment les Quarry Men Skiffle et jouent les standards du rock. A 20 ans, John est avec son groupe à Hambourg. Ils enchaînent les prestations à grand renfort d’alcool et d’amphétamines. 
«Il t’attirera des ennuis fiston», prévient Jim McCartney, le père de Paul, à propos de John.
En avril 1962, alors que les trois autres sont rentrés en Angleterre, Stuart meurt en Allemagne d’une hémorragie cérébrale. Pour John, c’est un nouveau coup dur qu’il peine à surmonter.

Beatle et garçon dans le vent

Avec Paul, George et Pete Best, bientôt remplacé par Ringo Starr, John Lennon crée un nouveau groupe qui deviendra autrement plus célèbre que le précédent, les Beatles. Bien que les quatre garçons soient indissociables, traînant du matin au soir ensemble, s’habillant de la même façon et chantant à quatre voix, John est la tête pensante du groupe. Il entretient une relation privilégiée avec leur manager Brian Epstein, écrit de nombreuses chansons, met l’ambiance, se charge allègrement de provoquer la presse et même la reine d’Angleterre… Le 4 novembre 1963, juste avant une interprétation de Twist and Shout devant Elisabeth II, il suggère au public : «Pour notre prochain titre, est-ce que les gens installés dans les places les moins chères peuvent taper dans leurs mains ? Et tous les autres, agitez vos bijoux !»

Lennon, l’«homme-bombe»

Le succès des Beatles étouffe les quatre jeunes qui n’y étaient pas préparés.  
John Lennon fait montre d’une certaine immaturité, se préoccupant peu de sa femme Cynthia Powell qu’il a épousé le 23 août 1962, et de leur fils Julian, né le 8 avril 1963. Au contraire, il multiplie les conquêtes et fait un usage abusif du LSD.

Août 66 marque le dernier concert à grande échelle des Beatles, dans le stade de San Francisco. Deux ans et demi plus tard, sur le toit de l’immeuble du label Apple, ils se produiront ensemble pour la toute dernière fois. 
«Des quatre Beatles, c’était le plus individualiste. C’était un artiste complet, un véritable homme-bombe», se souviendra Eric Clapton.

Pacifique aux lunettes rondes

Si Lennon était déjà pacifique, il l’est d’autant plus après le tournage, en septembre 1966, de How I won the war de Richard Lester, brulot pacifiste contre la guerre du Vietnam. A cette occasion, il adopte également les fameuses lunettes rondes qui passeront à la postérité…
Alors qu’avec ses compagnons de scène, il semble reprendre son destin en main en travaillant davantage en studio, un nouveau coup dur s’abat sur Lennon : la mort de Brian Epstein, le 27 août 1967, d’une overdose de barbituriques.

La retraite que vont faire les quatre Beatles au pied de l’Himalaya, à Rishikesh, de février à avril 1968, va achever de plomber le groupe. L’environnement spirituel ne réussit pas à apaiser les egos de chacun, devenus surdimensionnés. L’enregistrement du White Album, à leur retour, se fait dans des conditions difficiles.
Pour John, la sérénité se trouve ailleurs désormais…

Jamais sans Yoko

En 1966, Lennon rencontre Yoko Ono, meneuse de l’avant-garde japonaise, par l’entremise du galeriste John Dunbar et de la chanteuse Marianne Faithfull.
Platonique durant deux ans, leur relation se concrétise en mai 1968, à son retour d’Himalaya. Ils se marient le 20 mars 1969.
Seulement, Yoko n’est pas appréciée en Angleterre. Lennon est ouvertement critiqué pour l’avoir choisie… Mais tous deux se comprennent, dans leur positionnement pacifiste notamment.
Courant 1970, Paul McCartney officialise la séparation des Beatles. Et Lennon de garder la main, en précisant : «J’ai créé ce groupe, je l’ai dissous. C’est aussi simple que ça.»
En mars 1971, il écrit sa chanson la plus emblématique, Imagine.
En 1972, il part habiter avec Yoko à New York, loin des critiques et des rancoeurs.

L’homme nouveau

Là-bas, Lennon poursuit ses actions pour la paix et avec Yoko, se fait remarquer en manifestant de façon singulière contre la souffrance et la violence dans le monde : le couple passe une semaine entière au lit et convie quotidiennement la presse, entre 9h et 21h.

Bien sûr, Lennon ne s’est pas rangé tout à fait. Son tempérament l’entraîne dans quelques dérapages comme en 1974 à Los Angeles, où il mêle alcool, drogue et mauvaises fréquentations.
A son retour, un évènement se chargera de changer le chanteur : Yoko tombe enceinte. Le 9 octobre 1975 naît un fils qu’ils prénomment Sean.
Sa venue au monde est une révélation pour Lennon qui s’épanouit dans le rôle de père et d’homme de tout juste 40 ans, enfin apaisé.

Un nouveau départ dont Mark David Chapman se charge d’interrompre l’élan le 8 décembre 1980, en tirant sur le chanteur à cinq reprises. Ce fan psychopathe de Lennon avait entendu des voix lui ordonnant de le tuer…