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Tableau représentant Sarda-Garriga offocialisant l'abolition de l'esclavage à La Réunion

20 décembre… 1848 – L’esclavage est aboli sur l’île de La Réunion

Par son vote le 27 avril 1848, un décret abolit l’esclavage dans toutes les colonies et possessions françaises. Le gouverneur général Sarda-Garriga se charge de l’officialiser sur l’île de La Réunion, le 20 décembre.

L’Emancipation à La Réunion ou publication du décret d’abolition de l’esclavage à La Réunion le 20 décembre 1848. ©Alphonse Garreau (1792-1865) — Musée du Quai Branly. Domaine public

Le 19 octobre 1848, le gouverneur général de la République Joseph Napoléon Sébastien Sarda, dit Sarda-Garriga, débarque à Saint-Denis sur l’île de La Réunion. L’homme vient délivrer le décret qui abolit officiellement l’esclavage dans les possessions françaises outre-mer. Ce décret doit prendre effet le 20 décembre suivant et mettre fin à des décennies d’exploitation humaine.

Un siècle et demi d’asservissement

Découverte au début du XVIe siècle par le portugais Pedro Mascarenhas, l’île de La Réunion entre en possession des Français en 1642. Elle prend le nom de l’île «Bourbon», du nom de la dynastie du roi de France, Louis XIII.
Très peu peuplée au départ, elle prend une réelle importance dans l’économie française dès 1715 avec l’implantation de la culture du café. C’est pour mener à bien cette dernière que de nombreux esclaves sont importés d’Afrique et de Madagascar.

Le 14 juillet 1767, la France récupère officiellement les îles Mascareignes, à savoir l’archipel que composent l’île Bourbon, l’île Maurice et l’île Rodrigues.
En 1793, l’île Bourbon est baptisée l’île de «La Réunion». Mais neuf ans plus tard, en 1806, Napoléon la renomme île «Bonaparte». Naturellement, en 1814 avec l’arrivée de Louis XVIII, l’île redevient «Bourbon».

L’abolition de l’esclavage amorcée

En 1794, un décret datant du 4 février et qui abolit l’esclavage, est voté sur décision de la Convention nationale. Il concerne toutes les colonies françaises, à l’exception des îles Mascareignes. Malgré cela, et bien que Napoléon rétablisse l’esclavage en 1802, la fin de la servitude sur tout le territoire français s’amorce.

Dès 1834, la Société française pour l’abolition de l’esclavage est fondée.
Au 1er janvier 1838, la tendance abolitionniste permet l’émancipation des esclaves dans les colonies britanniques. De nombreux esclaves français fuient ainsi les colonies françaises vers les Antilles anglaises…
En mai 1840, une commission instituée par décision royale a pour charge d’examiner les questions relatives à l’esclavage et à la condition politique des colonies.

La fin des colonies

Vient enfin la proclamation de la IIe République en 1848. Celle-ci redonne et pour longtemps, son nom d’île de La Réunion à cette terre paradisiaque de l’océan Indien.
Elle met surtout un terme aux interminables réflexions sur l’abolition de l’esclavage, par un décret voté le 27 avril.
La libération de la servitude devient ainsi effective dans les deux mois qui suivent la promulgation du décret dans chacune des possessions françaises.

De l’esclavage au travail sous contrat…

A la Réunion, la promulgation a lieu avec l’arrivée de Sarda-Garriga en octobre. Il faut donc attendre le 20 décembre pour que l’abolition soit officielle. Mais les planteurs ont amorcé le changement de situation dès avril. Si bien que le 20, tous les esclaves ou presque sont déjà affranchis. Sur 110 000 habitants, 60 000 étaient assujettis.

Bien qu’indemnisés, les planteurs pratiquent du coup une nouvelle forme d’asservissement, en faisant venir d’Inde et d’Asie du Sud-Est des «travailleurs sous contrat». Leurs descendants représentent aujourd’hui le tiers de la population réunionnaise, de 860 000 habitants.

Depuis 1946, l’île est un département français d’outre-mer. Elle rend hommage chaque 20 décembre aux anciens esclaves africains, les «Cafres», et malgaches. Ce jour, appelé fête des Cafres ou fête de la Liberté, est férié à La Réunion.