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12 juin… 1606 – A l’origine du «Cid», Pierre Corneille

Digne représentant du théâtre classique, champion de la langue française, Pierre Corneille est né à Rouen le 12 juin 1606. Il a marqué les esprits par l’une de ses célèbres pièces, familière à tous les collégiens: Le Cid.

Gravure représentant Pierre Corneille ©Unknown 17th century — Bibliothèque nationale de France Domaine public

Avant d’être reconnu comme auteur de talent, Pierre Corneille fait une carrière d’avocat. Là déjà, il peut exercer son goût du bon mot et du mot juste. Rapidement cependant, il s’attèle à l’écriture de pièces, des tragi-comédies dans le goût espagnol de l’époque, qu’il fait jouer à Paris. Il conçoit également une nouvelle forme de pièce comique, de l’ordre de la comédie sentimentale, avec Mélite ou les fausses lettres. Le succès de la pièce est tel qu’il permet à la troupe qui la joue de s’établir dans la capitale et de fonder le théâtre du Marais.

Corneille est ainsi repéré par le cardinal de Richelieu en 1635. Ce dernier lui propose de rejoindre la Société des Cinq-Auteurs, un groupe d’écriture collective auquel il passe commande d’oeuvres sur la base de canevas écrits de sa main. Ces écrivains, rémunérés en retour, sont L’Estoile, Rotrou, Boisrobert, Colletet et Corneille, donc.

Le Cid, succès et polémique

En 1637, et pour le plus grand bonheur des futurs collégiens, ce dernier présente son oeuvre qui restera la plus célèbre: Le Cid.
L’intrigue de cette pièce – un jeune noble, Rodrigue, doit venger son père d’une offense qui lui a été infligée par… le père de sa bien-aimée, Chimène. Rodrigue doit donc choisir entre honneur et amour – donne d’ailleurs lieu à un adjectif très usité depuis : cornélien !

Le succès de Corneille se confirme bien que Le Cid scandalise avant de plaire. Proposer un tel sujet en pleine guerre franco-espagnole n’est en effet pas du meilleur goût… Ses rivaux, qui le jalousent, sont ravis de cette polémique. L’Académie française y mettra fin en jugeant la pièce d’«agrément inexplicable».
A la mort de Richelieu, le cardinal de Mazarin, son successeur, consent lui aussi à protéger Corneille.
Influent, Pierre Corneille épaulera à son tour, Molière.

Molière et Racine, ou la jeune génération

Outre Le Cid, l’auteur brille aussi avec Cinna ou La Clémence d’Auguste, Polyeucte ou encore, comme son protégé, dans le registre de la comédie avec L’illusion comique, Le Menteur
Mais en 1667, alors qu’il domine le monde du théâtre classique, Corneille voit monter un jeune et brillant dramaturge, Jean Racine. Celui-ci vient de triompher avec Andromaque. Molière aussi, devenu grand favori de Louis XIV, lui fait de l’ombre, bien qu’ils s’apprécient et travaillent ensemble sur Psyché.

Dépassé, il écrit sa dernière tragédie en 1675.
En 1682, il aura cependant le plaisir de voir sa pièce Andromède reprise en grandes pompes. Il mourra deux ans après.