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16 avril… 1943 – Albert Hofmann découvre le LSD

Le 16 avril 1943, cinq ans après des recherches considérées comme infructueuses sur l’acide lysergique, le chimiste Albert Hofmann s’injecte par mégarde une dose de la substance qu’il avait synthétisée, le dyéthylamide LSD-25. L’effet est pour le moins déroutant…

Structure of lysergic acid diethylamide (LSD) ©Benjah-bmm27 — Travail personnel Domaine public

Une molécule ressortie du placard

Nul ne sait – Albert Hofmann le premier – pour quelle raison ce chimiste suisse de 37 ans travaillant pour les laboratoires Sandoz à Bâle a décidé, ce 16 avril 1943, de reprendre l’étude d’une molécule qu’il avait testée cinq ans avant et « rangée » au placard, n’y constatant pas d’exploitation possible sur le plan pharmaceutique…
En 1938, il s’était en effet intéressé au diéthylamide de l’acide lysergique, synthétisé à partir de l’ergot de seigle, un champignon pouvant aussi se retrouver dans la farine de pain. Il est d’ailleurs responsable du « mal des Ardents » ou « feu de Saint-Antoine » qui engendrera notamment, en 1951, l’affaire du pain maudit à Pont-Saint-Esprit.

Reprenant donc ses recherches sur ce LysergSäureDiethylamid (LSD) et après en avoir de nouveau produit pour l’étudier, il en ingère par accident ce 16 avril, après s’être frotté les yeux. La quantité a beau être infime, il est assez vite agité et pris de malaise. Il décide alors de rentrer chez lui… à vélo. Les deux heures qui suivent sont rythmées par des visions psychédéliques et kaléidoscopiques.

Hofmann sous l’effet du LSD

Bien que totalement dérouté par cette expérience, Hofmann décide plus tard de réitérer l’expérience. Et cette fois, il en livre les détails par écrit. Extraits :

– 16: 20 Absorption de la substance.

– 17: 00 Début d’étourdissement, angoisse, troubles de la vue, paralysies, rires. Retour en vélo à la maison. Crise la plus forte vers 18-20 heures.

[…] Je ne pouvais plus parler de manière intelligible qu’au prix d’efforts extrêmes.

[…] Rien que lors du trajet en vélo […] mon état prit des proportions inquiétantes. Tout ce qui entrait dans mon champ de vision oscillait et était déformé comme dans un miroir tordu. J’avais également le sentiment de ne pas avancer avec le vélo, alors que mon assistante me raconta plus tard que nous roulions en fait très vite.

[…] Je remarquai notamment la façon dont toutes les perceptions acoustiques, telles que le bruit d’une poignée de porte ou celui d’une voiture passant devant la maison, se transformaient en sensations optiques. Chaque son produisait une image animée de forme et de couleur correspondante.

Et de résumer plus tard cette même expérience par ces mots : «Le LSD est venu à moi…»