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7 avril… 33? – Crucifixion de Jésus

Bien que, faute d’assez de traces, la vie de Jésus se raconte plus au conditionnel qu’à l’affirmative, quelques sources permettent, en se croisant, d’établir approximativement le jour de sa mort. Certains historiens avancent le 3 avril 30, d’autres le 7 avril 33, d’autres encore le 7 avril 30… Quoiqu’il en soit, l’événement a été, par le récit qui en a été fait, l’un des actes fondateurs du christianisme.

Pietro Perugino (Umbrian, c. 1450 – 1523 ), The Crucifixion with the Virgin, Saint John, Saint Jerome, and Saint Mary Magdalene [middle panel], c. 1482/1485, oil on panel transferred to canvas, Andrew W. Mellon Collection 1937.1.27.b Domaine public

Jésus, «l’homme qu’on veut qu’il soit»

Pour les chrétiens, Jésus est le Messie, l’incarnation de Dieu sur Terre. Pour les juifs, il est un simple artisan et prédicateur, de la même confession qu’eux. Et, pour les Romains de son époque, il était un agitateur révolutionnaire à abattre… De tous temps, Jésus a été «l’homme qu’on veut qu’il soit», explique à juste titre Robert Powell, qui l’a magistralement interprété dans le téléfilm Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli.
Une chose est sûre, un Araméen du nom de Jésus a bel et bien existé, il y a 2000 ans.

Né entre 6 et 4 avant lui-même

Peu de vestiges subsistent de sa vie mais des écrits relatent son histoire: les Evangiles du Nouveau Testament, des récits religieux apocryphes (non-officiels), ou encore des textes de l’historien antique Flavius Josèphe.
Toutes ces sources, recoupées entre elles, indiquent que Jésus serait né à la fin du règne d’Hérode le Grand, entre 6 et 4 avant… lui-même. Rien n’évoque en revanche sa jeunesse. Et, concernant sa vie de prédicateur, elle a semble-t-il occupé trois ou quatre années précédant sa crucifixion, que les dates de la préfecture de Judée situent entre 26 et 36.

Un fauteur de troubles

A cette époque, la Pâque juive donne chaque année lieu à un grand rassemblement de croyants à Jérusalem. Les Romains qui contrôlent alors la ville, y voit l’occasion pour les pèlerins d’une possible rébellion contre l’occupant. Ainsi, pour dissuader les habitants de se révolter, le nombre de soldats a été multiplié et le gouverneur Ponce Pilate lui-même s’est déplacé.

Jésus est venu comme les autres célébrer la Pâque. Mais les Saducéens, autorités religieuses dirigées par le Grand Prêtre Caïphe, ne voient en lui qu’un fauteur de troubles, surtout après qu’il a expulsé les vendeurs du temple. Ils demandent au Sanhédrin, en charge de régler les questions civiles entre les Juifs à Jérusalem, de le faire arrêter. Or, il est de coutume, lors de la Pâque, que des grâces soient accordées à des prisonniers. Mais Jésus ne va pas en bénéficier. Au moment de choisir qui libérer, ce dernier se tient d’ailleurs sur une pierre encore en place aujourd’hui…

La mort par crucifixion

L’homme est donc condamné à mort par crucifixion, une pratique courante à l’époque.
Petits détails qui ont leur importance cependant :

  • Ce supplice se faisait alors sur une croix en X et non en T. Les pieds étaient donc cloués séparément.
  • Selon l’évangéliste Marc, Jésus est mort au bout de 6 heures mais le supplice durait souvent plusieurs jours, au bout desquels les condamnés mouraient de déshydratation.
  • Ils n’avaient ensuite pas le droit à une inhumation décente, la crucifixion devant servir d’exemple. Les corps pourrissaient donc le plus souvent sur les croix. Cependant, pour que les Juifs ne créent pas de problème, il arrivait aux Romains de faire des exceptions. Jésus a donc pu être détaché et enterré, chose inhabituelle mais possible.
  • Enfin, il convient de préciser que le chemin de Croix menant au Golgotha a été défini après la mort de Jésus par les pèlerins.

La question de la date

Quant au jour, les Evangiles parlent d’une veille de sabbat, soit un vendredi. Que ce jour était aussi celui de la « préparation » de la Pâque juive, donc le 14 du mois de Nissan dans le calendrier hébraïque. Certaines sources évoquent également l’obscurcissement du ciel au moment de la mort de Jésus, lequel pourrait correspondre à une éclipse visible en Palestine… Quoiqu’il en soit, l’existence de Jésus et son exécution, à 34 ans ou plus (et non 33!), donnent lieu aux écrits que l’on connaît aujourd’hui. Et ce sont de ces mêmes écrits qu’émergera le christianisme.