1er mars… 487 – Clovis et le vase de Soissons

La vengeance est un plat qui se mange froid… Jamais expression n’a paru plus appropriée! Le 1er mars 487, Clovis fait montre à ses soldats d’une autorité qui ne lui sera plus jamais contestée, en prenant sa revanche sur un affront fait par l’un de ses soldats un an avant… Retour sur une histoire de vase mais pas seulement…

En 486, alors qu’il est encore païen – Clovis ne sera baptisé que dix à vingt ans plus tard – le roi mérovingien et son armée prennent la ville de Soissons, capitale du général romain Syagrius. Clovis annexe donc son royaume au sien et pille au passage, avec son armée, de nombreuses églises.
Dans un édifice religieux appartenant au diocèse de Reims, les soldats récupèrent toutes sortes d’ornements liturgiques, parmi lesquels un vase «d’une taille et d’une beauté extraordinaires», précise le chroniqueur Grégoire de Tours (538/39 – 594) qui relate cet épisode historique dans son Histoire des Francs.

Insubordination à Soissons

Saint Rémi, évêque de Reims, fait alors une requête au roi franc : que ce dernier garde toutes ses prises mais qu’il lui restitue le vase, auquel il tient énormément.
Ainsi à Soissons, lors du traditionnel partage du butin avec son armée, Clovis demande à ses «très valeureux guerriers» de conserver le vase en plus de sa propre part.
Si tous s’inclinent alors devant la volonté de leur «glorieux roi», l’un d’entre eux cependant s’insurge. Tout en frappant violemment le vase, il s’écrie : «Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment!»
Sur l’instant, comme l’indique Grégoire de Tours, Clovis avale l’affront. Saint Rémi, celui-là même qui baptisera Clovis à Reims un 25 décembre, entre 496 et 507, récupère néanmoins le vase, cabossé sinon brisé…

Près d’une année passe. Un jour qu’il passe ses troupes en revue au Champ de Mars, Clovis reconnaît parmi elles le soldat insubordonné. Prétextant un mauvais entretien de sa tenue et ses armes, Clovis jette ces dernières à terre. Le soldat se penche pour les ramasser. Le roi saisit alors cet instant pour lui fendre le crâne avec sa francisque (une hache de jet), en s’écriant :

«Ainsi as-tu fait au vase de Soissons!»