10 juin… 1944 – Massacre à Oradour-sur-Glane

Village tranquille de 1200 habitants dans le Limousin, Oradour-sur-Glane est le théâtre d’un massacre particulièrement barbare perpétré par les nazis, le 10 juin 1944…

Entrée sud du village en ruines vue depuis l’esplanade de l’église à gauche[a]. La rue principale monte ensuite sur la gauche. À droite la voie du tramway de Limoges. ©User:Dna-Dennis — Travail personnel Domaine public

A Oradour, la vie s’est arrêtée d’un coup

A côté de l’actuel bourg d’Oradour-sur-Glane, inauguré en 1953, l’ancien, en ruines, est resté figé dans le temps. C’était un souhait de Charles de Gaulle, venu sur les lieux peu de temps après le massacre : conserver les restes de la petite ville limousine dont pas un bâtiment n’a échappé aux flammes. Ceci afin que les générations à venir n’oublient pas… Aujourd’hui, ce village fantôme se traverse, dans un silence qui s’impose naturellement. Les visiteurs d’un jour dépassent une voiture garée, la boucherie dont on devine encore la devanture, un landau…

Le 10 juin 1944, pour près de 1200 habitants, la vie s’est arrêtée d’un seul coup.

Les Alliés ont débarqué quatre jours avant, le 6 juin, sur les plages de Normandie. Or, non loin d’Oradour, le 8, des troupes allemandes qui cherchaient à rejoindre le front, ont été stoppées par l’explosion d’un pont par des résistants. Deux soldats sont morts. Le même jour, un autre a été fait prisonnier à Saint-Léonard-de-Noblat, à l’est de Limoges.
Ces événements additionnés décident sans nul doute les Allemands à riposter avec d’autant plus de violence qu’ils sont déjà affaiblis et que leur défaite est quasi inéluctable…
Ainsi, le 9 juin, ils pendent 99 otages à Tulle.
Puis, le 10, ils arrivent à Oradour. Et ce qu’ils vont y faire a été minutieusement préparé.

Toute la matinée, les soldats resserrent leur étau sur le bourg qu’ils ont encerclés, obligeant les gens qu’ils croisent et s’y rendaient, à accélérer le pas et ceux qui en partaient, à faire demi-tour.

Un massacre, en trois heures de temps

A 14 heures, toute la population est réunie sur le Champ de Foire, après un semblant de contrôle d’identité de chacun pour éviter la panique.
Là, les femmes et les enfants sont séparés des hommes. Le premier groupe doit se rendre dans l’église. Le deuxième est divisé en plusieurs autres. Ces petits groupes partent dans six lieux différents, six lieux de supplices.

A 16 heures et dans chacun de ces six endroits en même temps, les hommes tombent sous les coups des mitraillettes, avant que les Allemands ne mettent le feu à leurs cadavres.

A 17 heures, ce fut le tour des femmes et des enfants. Les SS avaient-ils l’intention de les tuer au départ ? Nul ne sait. Mais le sadisme du commandant Dieckmann, le « bourreau d’Oradour », et son désir de venger son ami prisonnier à Saint-Léonard, a tranché. Le feu se déclenche dans l’église. Ses occupants, dont le plus jeune n’a alors que huit jours, meurent asphyxiés et brûlés.

Seuls cinq hommes, rescapés du même lieu, et une femme, sortie par une fenêtre de la sacristie, réchappent de cet enfer qui a fait 642 victimes. Les autres habitants, hors d’Oradour ce 10 juin, découvriront l’horreur à leur retour, le lendemain…
Les Allemands reviendront le lundi pour creuser des fosses et enterrer leurs crimes. Ils n’en seront pas moins jugés par la suite.

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