2 juin… 1559 – Plus de pitié face à l’hérésie!

En faisant promulguer l’édit d’Ecouen, le 2 juin 1559, le roi Henri II franchit un nouveau cap dans la lutte contre l’hérésie. Jusque là encadrée, celle-ci sera désormais réprimée plus largement et sans autre forme de justice…

Si, suite à l’Affaire des Placards le 18 octobre 1534, François Ier a du réprimer les protestants rebelles, le roi a néanmoins fait preuve de plus de conciliation que son fils Henri II et leurs futurs descendants…

Le 2 juin 1559, par l’édit d’Ecouen, ce dernier ordonne de punir plus sévèrement l’hérésie. En d’autres termes, là où celle-ci était réprimée de façon contrôlée et dans le respect de la loi jusque là, elle fera désormais l’objet d’exécutions sommaires.
En promulguant ce texte, Henri II viole le droit et franchit un cap significatif dans les persécutions.

Le protestantisme, une affaire politique et religieuse

En réalité, le protestantisme est le combat du roi depuis son accession au trône en 1547.
Le 8 octobre de cette année-là, il créait au sein du Parlement de Paris une « Chambre ardente ». Cette institution laïque avait tout pouvoir pour juger et condamner les personnes suspectes d’hérésie. En a résulté, en moins de deux ans, près de 200 condamnations dont une soixantaine à mort.

Le 19 novembre 1549, en réponse aux protestations du clergé catholique qui se plaignait de l’intrusion du pouvoir laïc dans les affaires religieuses, le roi a réservé le cas des huguenots aux seuls tribunaux ecclésiastiques.

Contre l’hérésie, la mort

Dix ans plus tard, le 2 juin 1559, désireux de faire triompher le catholicisme dans son royaume, Henri II durcit encore la répression. L’édit d’Ecouen supprime cette fois tout cadre à cette dernière.

Si l’on en distingue alors les prémices, on est encore loin de la sauvagerie qui animera les guerres de religion dès la mort accidentelle du roi lors d’un tournoi, le 10 juillet de cette année-là…