25 mai… 1720 – La peste débarque à Marseille

En entrant dans le port de Marseille ce 25 mai 1720, le navire Grand-Saint-Antoine apporte avec lui la peste. A bord, elle a déjà tué une dizaines de personnes. Dans les deux mois qui vont suivre, sur terre, elle en tuera entre 300 et 350 000 de plus…

Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille) ©Michel Serre Domaine public

Marseille en avait déjà fait l’expérience, en 1347, lorsque des Génois avaient débarqué avec la peste en provenance de la mer Noire. La maladie était apparue pour la première fois en Europe en 541-542 dans l’est de la Méditerranée, mais c’était la première fois que l’Occident à proprement parler, se confrontait à cette épidémie.
Près de quatre siècles après, la peste (du latin pestis qui veut dire « fléau ») allait encore faire des ravages…

Ce 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine entre dans le port de Marseille. Le capitaine informe aussitôt les propriétaires du navire de la mort d’une dizaine d’hommes à bord.
Cependant, il n’est pas question d’empêcher le débarquement de la cargaison. Ces derniers font donc jouer leurs relations pour qu’une quarantaine »douce » soit adoptée. Les marins malades sont donc emmenés et enfermés dans un dispensaire tandis que les autres vaquent à leurs occupations. Tout le linge sale est aussi débarqué et confié à des lavandières…

Un millier de morts par jour

Le 20 juin, l’une d’entre elles meurt après plusieurs jours d’agonie. Personne n’a fait le rapprochement ni pris garde aux symptômes comme le « charbon » sur les lèvres… Plusieurs autres décès suivent à intervalles réguliers jusqu’au 2 juillet quand des médecins donnent l’alerte!

L’épidémie, déjà bien installée, se répand comme une traînée de poudre. Elle fait très vite un millier de morts par jour dans la ville. Des bagnards sont alors libérés pour incinérer les cadavres qui pourrissent dans les rues. Leur vie n’importe en effet à personne et cette tâche, particulièrement dangereuse, est indispensable pour enrayer l’épidémie. En cinq jours seulement, sur 200 forçats, 188 ont succombé.

A la fin de l’été, Marseille est exsangue et compte près de 100 000 morts parmi ses habitants. 220 000 dans toute la région…

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