7 mai… 2010 – Quand Sapiens rencontre Neandertal

Jusque là considérés comme deux espèces humaines bien distinctes, l’Homo Sapiens et l’Homme de Neandertal se sont en réalité côtoyés et même unis. Pour preuve, le séquençage du génome de ce dernier dont les résultats ont été rendus publics le 7 mai 2010…

Il y a du Neandertal en chacun de nous. Jusqu’à 3% exactement!
Cela nous fait une belle jambe… ou autre chose d’ailleurs, les touches néandertaliennes figurant un peu partout sur nos gènes, de notre peau à nos cheveux…
Reste que cette révélation a de quoi surprendre.

Jusque là en effet, l’espèce humaine croyait descendre du seul et unique Homo Sapiens (ou homme de Cro-Magnon, en version européenne)… Or, voici que Neandertal, un cousin super super éloigné que l’on croyait hostile, s’est invité dans notre ADN, il y a près de 30 000 ans… C’est en tous cas ce qu’atteste l’étude réalisée par une équipe internationale de généticiens dirigée par Svante Pääbo, dont les résultats ont été publiés le 7 mai 2010.

L’histoire mérite dès lors d’être reprécisée…

Quand Homo Sapiens se déplace…

Il y a environ 100 000 ans, Sapiens quitte l’Afrique. Avant de poursuivre sa route vers le Nord, il s’arrête au Moyen-Orient où il campe pendant près de 20 000 ans. Puis, il reprend son chemin vers l’Europe, terre de Neandertal. 15 000 ans plus tard, celui-ci disparaît…

Les deux se sont donc rencontrés. Plus encore, ils ont fricoté. Et nous voici!
Mais comment Neandertal s’est-il ensuite volatilisé? Longtemps, les scientifiques ont cru à l’extermination pure et simple de l’espèce par celle des Sapiens. Un changement climatique a même été évoqué. Mais avec cette nouvelle étude, l’hypothèse d’une espèce « absorbant » l’autre est devenue plus probable…

Une autre découverte a résulté de ce séquençage : une nouvelle espèce du genre Homo, d’après de minuscules ossements retrouvés dans une grotte en Sibérie. Cet homme de « Denisova », plus proche de Neandertal, se serait un jour uni avec Sapiens, transmettant ainsi ses gênes aux Asiatiques et Aborigènes d’Océanie…
In fine, seuls les Africains seraient exempts de gènes néandertaliens ou dénisoviens, possédant un lien exclusif avec l’Homo Sapiens, ancêtre commun à toute l’humanité!

En poursuivant les recherches sur le génome néandertalien, des scientifiques ont fait d’autres découvertes: ces traces néandertaliennes dans notre ADN influeraient aussi sur plusieurs affections comme la maladie de Crohn, l’addiction au tabac, la cirrhose biliaire, le diabète de type 2…
Comme quoi, chez nos ancêtres, tout n’est pas toujours bon à prendre!…