31 mai… 1793 – A l’aube de la Grande Terreur

Aux abords de l’Assemblée le 31 mai 1793, une foule de sans-culottes, alliés aux Montagnards de Robespierre, exigent l’exclusion des Girondins. Une première émeute sans succès mais qui enclenche une machine infernale : la Grande Terreur…

L’exécution de Robespierre, le 28 juillet 1794, marque la fin de la Grande Terreur. ©Auteur inconnu Domaine public

Depuis la chute de la monarchie française en août 1792 et la création de la Convention en septembre, les députés Girondins (parce qu’une majorité vient de la Gironde), majoritaires et relativement modérés, tiennent les rênes du gouvernement. Face à eux, les Montagnards (car siégeant en haut de l’Assemblée) et leur chef de file Robespierre, nettement plus radicaux.

L’appel à l’insurrection contre les Girondins

En mai 1793, les premiers souhaitent enrayer progressivement le processus révolutionnaire. Or, les insurrections en Vendée laissent Robespierre craindre un retour de la monarchie, si des mesures drastiques ne sont pas prises.
L’homme a le soutien du club des Jacobins et des sans-culottes parisiens. Avec les autres députés de son parti, il fait promulguer loi sur loi dans ce sens devant des Girondins impuissants.

Ceux-ci tentent de réagir en faisant arrêter Marat le 23 avril. Mais le Tribunal révolutionnaire qu’il a lui-même instauré l’acquitte.
Puis, ils créent une « Commission extraordinaire des douze », avec uniquement des députés girondins, pour enquêter sur les procédés, comme les pamphlets, utilisés à leur encontre. Le 24 mai, ils font arrêter trois soutiens de ces derniers, dont le journaliste Jacques-René Hébert.
En réaction, le 26 mai, Robespierre appelle à l’insurrection. Ainsi, le 31 mai, une foule importante et agitée comme il se doit par les Montagnards, se rassemble aux abords de l’Assemblée et réclame l’exclusion des chefs girondins.

La guillotine en réponse à toute opposition

Cette première insurrection n’a pas grand effet. Cependant, elle a amorcé une seconde émeute le 2 juin. Toujours organisée par Robespierre, elle est appuyée cette fois par 80 000 soldats de la Garde nationale.
Vingt-deux députés girondins sont arrêtés, puis jugés lors d’un simulacre de procès. Face à la situation, Danton, « le plus modéré des Montagnards » confie désespéré à Garat, ministre de l’Intérieur «Je ne pourrai tous les sauver.»

Les accusés montent tous sur l’échafaud le 31 octobre.
Entre-temps, Robespierre a pris le pouvoir en tant que président du Comité de Salut Public, le 27 juillet. Dès lors, c’est une véritable dictature qui s’est mise en place. De même, la notion de « Terreur » pour lutter contre les ennemis de la Révolution et de la République a été évoquée pour la première fois le 5 septembre à l’Assemblée. Elle ne devient officielle que le 5 avril 1794, sous le nom de « Grande Terreur ». A cette date, Danton, accusé avec Camille Desmoulins de vouloir freiner l’engrenage meurtrier en marche, est guillotiné.
Jusqu’à l’arrestation de Robespierre lui-même, le 27 juillet 1794, soit en moins de quatre mois, 40 000 personnes meurent dans toute la France, dont une grande partie sur l’échafaud.