20 avril… 1828 – René Caillié découvre Tombouctou

L’explorateur français René Caillié (ou Caillé) arrive dans la ville de Tombouctou le 20 avril 1828, après avoir rêvé de la découvrir durant plusieurs années. Mais la réalité est loin de correspondre à ce que les écrits lui avaient laissé imaginer…

François-Edmond Fortier, Tombouctou. Maison habitée par l’explorateur français René Caillé (Sierra Leone, Tombouctou, Maroc) 1828. Afrique Occidentale – Soudan. ©François-Edmond Fortier (1862-1928) — Collection particulière Domaine public

Depuis tout petit, bercé par les récits du voyageur du XVIe siècle Léon l’Africain puis jouant à l’explorateur avec des cartes de l’Afrique, René Caillié rêvait de Tombouctou, cité interdite aux chrétiens située sur les bords du fleuve Niger.

L’année de ses 16 ans, le jeune garçon est décidé. Il laisse derrière lui sa région natale des Deux-Sèvres et part à Bordeaux. Il s’y fait engager comme moussaillon dans une escadrille de quatre navires en partance, ce 27 avril 1816, pour le Sénégal. Parmi ces derniers figure la frégate La Méduse qui connaîtra le 2 juillet suivant, un tragique et non moins célèbre destin.

Lorsque René Caillié arrive à Saint-Louis-du-Sénégal, il apprend qu’une expédition anglaise a été montée pour suivre les traces de l’explorateur Mungo Park, disparu onze ans auparavant sur le fleuve Niger. Il tente alors de la rejoindre mais mal équipé et épuisé, il n’a d’autre choix que de rebrousser chemin et de rentrer en France.

Prêt à tout

Nullement résolu à abandonner, René Caillié revient en 1824. Là, bien que prévenu des nombreuses morts d’Européens ayant tenté l’aventure avant lui, l’explorateur est déterminé à atteindre Tombouctou. Il rejoint pour cela un groupe de Maures et pendant un an, apprend leurs coutumes et la langue arabe et s’attache à déchiffrer le Coran.
Puis, le 19 avril 1827, il quitte Saint-Louis-du-Sénégal avec une petite caravane.
La récompense arrive enfin, un an après, le 20 avril 1828. Devant lui, se dresse Tombouctou.

La ville est cependant loin de posséder les dallages et dorures dont Léon l’Africain avait parlé. Tombouctou est une ville africaine comme tant d’autres, simple et sans plus d’effervescence intellectuelle ou religieuse…
René Caillié y reste néanmoins deux semaines, durant lesquelles il écrit quantité de détails sur ce qu’il voit et apprend. A son retour par le Maroc, dans des conditions très difficiles, l’explorateur français est acclamé. Le 5 décembre à Paris, la Société de Géographie lui remet la somme de 10 000 francs qui était promise au premier Européen qui ramènerait une description de Tombouctou.
René Caillié publie cette dernière dans son Journal d’un voyage à Tombouctou, qui rencontre un franc succès. Bien que désenchanté, l’explorateur a réalisé son rêve. Il retourne vivre et mourir, en 1838, dans sa région natale.