14 avril… 1986 – Décès de Simone de Beauvoir

Le 14 avril 1986, la philosophe Simone de Beauvoir, incarnation du féminisme par excellence, s’éteint à l’âge de 78 ans. Elle rejoint dans la mort son « amour nécessaire » de toujours, Jean-Paul Sartre, décédé six ans avant.

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre en 1955. ©刘东鳌(Liu Dong’ao) — Xinhua News Agency; Larger 1024 x 1199, 183.3 KB version from. Domaine public

Une jeune fille émancipée

A l’heure où les jeunes filles de quatorze ans et plus se préparent à être une bonne épouse, Simone de Beauvoir ne songe qu’à s’émanciper, devenant athée et décidant de devenir écrivain. Né en 1908, elle passe son baccalauréat et étudie les mathématiques, les lettres et la philosophie.

A la faculté de l’université de Paris, elle rencontre Jean-Paul Sartre, celui qu’elle qualifiera d' »amour nécessaire » et ne quittera pas jusqu’à la mort de celui-ci en 1980. En 1929, elle obtient l’agrégation de philosophie. Suite logique, elle enseigne quelques années mais ne s’épanouit pas dans ce rôle qu’elle quitte pour une carrière dans la littérature.

Elle fonde ainsi en 1945 la revue Les Temps modernes avec d’autres intellectuels de gauche. Sartre bien sûr, mais aussi Boris Vian, Michel Leiris, Raymond Aron pour ne citer qu’eux.

Existentialisme et féminisme

C’est à son oeuvre Le Deuxième sexe qu’elle doit d’accéder à la notoriété. Cet ouvrage, publié en 1949, est un essai existentialiste et féministe qui deviendra à jamais indissociable de son auteur. Sur le papier mais aussi dans les actes, Simone de Beauvoir défend la condition féminine. Aux côtés de figures emblématiques comme l’avocate Gisèle Halimi, Simone Veil ou encore Elisabeth Badinter, elle dénonce la torture infligée aux femmes pendant la guerre d’Algérie et défend notamment le droit à l’avortement.

Son quatrième roman, Les Mandarins, publié en 1954, lui vaut le Prix Goncourt.
Deux autres romans suivront, de même que deux recueils de nouvelles, quatre essais, et six récits autobiographiques dont, en 1958, ses brillants Mémoires d’une jeune fille rangée.

Eternelle Simone de Beauvoir

L’ensemble la consacre au rang des plus grands intellectuels de son temps. Il sera complété par sa fille adoptive Sylvie Le Bon de Beauvoir, par la publication posthume de nombreux écrits dont sa correspondance avec Sartre, mais aussi Bost et Algren.

Un prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes est créé en 2008. Avant cela, en 2000, une place Jean-Paul-Sartre-et-Simone-de-Beauvoir est inaugurée dans le 6e arrondissement. Elle se situe à Saint-Germain-des-Prés, aux abords des Deux Magots et du Café de Flore où le couple avait ses habitudes… Il repose non loin, au cimetière du Montparnasse.