Illustration de l'oeuvre des Misérables, avec le personnage de Cosette en 1862

3 avril… 1862 – Victor Hugo présente «Les Misérables»

Deuxième grand roman de Victor Hugo après Notre-Dame de Paris, Les Misérables marque un tournant dans la vie de son auteur comme dans celle de la société française. En effet, avant même sa publication le 3 avril 1862, et encore plus après, cette oeuvre magistrale devient une référence littéraire et historique de premier plan.

Cosette chez les Thénardier (illustration d’Émile Bayard, 1886). ©Émile Bayard. Domaine public

Une oeuvre utile

«Tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus; tant que dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.»

Ainsi Victor Hugo présente-il son oeuvre en préambule.
Et son oeuvre va s’avérer plus qu’utile, comme escompté. Les Misérables font en effet tellement écho aux problèmes de société qu’ils ne laisseront aucune conscience indifférente.

Inégalités, injustices, pauvreté, prostitution…

A travers des personnages emblématiques, devenus célèbres – Jean Valjean, Cosette, Javert, Fantine, Gavroche… -, l’écrivain se fait militant et dénonce les inégalités devant la loi, l’injustice d’être mal né mais aussi d’être une femme, la pauvreté, la prostitution… Autant de sujets qui tiennent l’écrivain mais aussi l’homme politique qu’est Victor Hugo, à coeur.

Acteur et témoin de son époque

Venu au monde en 1802, Hugo est un homme du XIXe siècle que la naissance et les centres d’intérêts multiples ont conduit à devenir un acteur et témoin reconnu et respecté de son époque. L’homme n’a en effet rien manqué de l’histoire de France qui se jouait sous ses yeux. Depuis la chute de Napoléon Ier à celle de la IIe République. Son exil sur l’île de Guernesey durant le Second Empire, de 1851 à 1870, ne l’empêchera pas de rester très informé.
Et c’est à cela que l’on doit la force du récit des Misérables, comme de celui de Notre-Dame de Paris.

Un succès en France comme à l’étranger

Ce dernier, premier roman de l’auteur à lui offrir la reconnaissance qu’il mérite, a été édité en 1831. Depuis, des pièces de théâtre, de la poésie… mais plus d’histoires. Aussi, quand la publication d’une nouvelle oeuvre de Hugo est annoncée trente ans après, la France s’impatiente.
Et le 3 avril 1862, ça y est: les deux premiers tomes des Misérables sortent. Le succès est immédiat, en France autant qu’à l’étranger. Trois autres tomes suivront. Fruit de déjà dix-sept années d’écriture, marquées par des pauses politiques, le roman n’est pas encore achevé. Victor Hugo corrige encore les dernières lignes. In fine, les lecteurs en auront pour leur argent. Entre 1815 et 1832, ils plongent avec émotion dans la misère des rues de Paris jusque sur ses barricades.

En livre, en film, en comédie musicale…

Commencé sous le titre Les Misères par son auteur, achevé sous celui que l’on sait, le roman fait le tour du monde. Il figure, même un siècle et demi après, comme un incontournable de la littérature. Tout le monde connaît Les Misérables et ses personnages, même si ce n’est qu’à travers des films ou encore des comédies musicales… Car, s’il fallait encore le prouver, le nombre d’adaptations est là aussi pour attester du succès de cette histoire, interprétée par les plus grands à la télévision, sur scène comme au cinéma.

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