1er avril… (intemporel) – A l’origine du Poisson d’avril

Tradition répandue dans plusieurs pays du monde, le Poisson d’avril consiste, au 1er avril, à se faire des blagues… Une coutume qui remonte au 9 août 1564, date de la signature par Charles IX de l’édit de Roussillon. Explications.

Le 1er janvier, nouveau premier jour de l’année

En août 1564, Charles IX a tout juste 14 ans. Il est enfin majeur mais continue de régner sous la coupe de sa mère Catherine de Médicis. Ensemble, ils se rendent à Roussillon, sur le Rhône près de Grenoble. Le 9, le jeune roi y signe un édit préparé par le chancelier Michel de L’Hospital et le ministre Sébastien de L’Aubespine, qui fixe le début de l’année calendaire au 1er janvier dans toute la France.

En décidant cela, Charles IX s’aligne donc sur le calendrier julien, créé par Jules César. Celui-ci disparaîtra d’ailleurs dix-huit ans plus tard, au profit du calendrier grégorien que nous connaissons aujourd’hui.
Le passage au 1er janvier ne s’en trouvera cependant pas altéré. Au contraire, il sera universalisé en 1622.

Etrennes et plaisanteries

De ce changement du début d’année naît une tradition qui traversera les siècles.
Jusqu’à cette année 1564 en effet, l’année démarrait, pour la plus grande partie de la chrétienté médiévale, au 25 mars, jour de l’Annonciation selon des moines du VIIIe siècle.
Or, du 25 mars au 1er avril, les gens ont toujours eu coutume de s’offrir des cadeaux pour célébrer la nouvelle année. Ces présents, appelés étrennes (en référence à la déesse Strenia), ont continué d’être offerts pour la même raison, au 1er janvier, mais également par beaucoup, toujours à la fin du mois de mars… pour plaisanter !
L’origine du poisson est plus floue. Pour certains, elle renvoie à la passion du Christ, pour d’autres à l’ouverture de la saison de la pêche et au nombre encore restreint de poissons au début. Le « poisson d’avril » ferait donc allusion «à la coutume d’attraper des gens simples et crédules en leur offrant un appât qui leur échappe comme le poisson, en avril, échappe aux pêcheurs.» (cf. Le Monde). Les pays anglophones parlent en effet d’april fool’s day (jour des fous d’avril, en français)
Que cette dernière soit vraie ou non, gare !