27 mars… 1996 – Enlèvement de sept moines français à Tibhirine

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines du monastère Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, au sud d’Alger, disparaissent. Leur kidnapping est revendiqué par le GIA (Groupe Islamique Armé) un mois plus tard et leur assassinat, le 21 mai. 25 ans après, les circonstances exactes de leur mort sont toujours inconnues.

A Tibhirine, entraide et solidarité

Ils ont entre 45 et 82 ans. Christian, Luc, Christophe, Michel, Bruno, Célestin et Paul sont moines de l’ordre cistercien de la Stricte observance. Ils habitent le monastère Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine, sur les hauteurs de Médéa, en Algérie.
En 1996, le pays est en proie à une guerre civile qui oppose violemment le gouvernement algérien à des groupes islamistes. Celle-ci a commencé en décembre 1991. Le gouvernement a alors fait annuler les élections législatives, pressentant la victoire du Front islamique du salut et dans la foulée, la création d’une république islamique. Cette annulation et l’arrestation de milliers de membres du FIS a fait émerger plusieurs groupes de guérilla islamistes parmi lesquels le GIA (Groupe Islamique Armé).
Dans ce contexte agité, les moines de Notre-Dame de l’Atlas se voient proposer la protection du gouvernement français. Mais les religieux sont solidaires des habitants du village de Tibhirine dont ils dépendent. Il n’est pas question de les abandonner.

Un drame d’une rare violence

Mais dans la nuit du 26 au 27 mars, sept d’entre eux sont tirés de leur sommeil et emmenés par des hommes armés. Ils ne réapparaîtront plus vivants.
Le 26 avril, le chef du GIA, Djamel Zitouni revendique le kidnapping. Ce dernier réclame la libération de militants faits prisonniers par le gouvernement. Puis, un communiqué, un mois après, le 23 mai, affirme que les otages ont été égorgés, deux jours plus tôt. Le 30, les têtes des sept moines sont retrouvées, sans les corps, au bord d’une route…

Choquées par ce drame d’une rare violence, les familles des victimes ont longtemps réclamé la vérité. L’enquête a en effet tardé à démarrer, en 2004 seulement. Sans doute la situation en Algérie jusqu’en 2002 n’a-t-elle pas facilité la tâche. La « décennie noire » de la guerre civile a engendré la mort de 200 000 Algériens et en a déplacé un million. Les dégâts quant à eux, se sont élevés à plus de vingt milliards de dollars.

Affaire (toujours) non-élucidée

En décembre 2018, alors que les sept moines sont béatifiés, lumière n’a toujours pas été faite sur l’affaire…
L’exhumation des crânes et leur autopsie en 2014 a certes mis en doute la thèse officielle avancée à l’époque par Alger. Celle d’un enlèvement puis d’un assassinat par des islamistes du GIA. En effet, le rapport d’expertise, rendu public en 2018 (seulement!), n’a signifié des traces d’égorgement que pour deux des moines. De même, les experts ont affirmé que les sept victimes présentaient les signes d’une «décapitation post-mortem». Dès lors, plusieurs hypothèses ont été soulevées. Certaines soupçonnent les services secrets algériens. Ont-ils commis une bavure et procédé à une mise en scène pour charger un peu plus le GIA ?
Néanmoins, vingt-cinq ans après ce crime atroce, rappelé à travers le film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois en 2010, le mystère reste entier…

Laisser un commentaire