26 mars… 1998 – Le tueur de l’Est parisien, Guy Georges, est interpellé

Enfin confondu par son ADN, le tueur en série Guy Georges, surnommé le « tueur de l’Est parisien » est arrêté le 26 mars 1998. Il sera condamné, pour sept meurtres et une agression, à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans…

Guy Georges dans les années 1980. ©photo by Stéphane Ruet — guy georges’ drivers license. Domaine public

Théoriquement, depuis un an, soit depuis début 2020, Guy Georges peut demander la liberté conditionnelle. Une possibilité que les familles des victimes du tueur en série, terrorisées, refusent d’envisager. Le violeur et assassin s’est pourtant adressé à elles par ces mots le dernier jour de son procès :
«La peine qu’on va m’infliger, c’est rien. Moi, je vais m’infliger une peine. Je ne sortirai jamais de prison, vous serez tranquilles. Quoiqu’il arrive, je ne recommencerai jamais…»
Mais peut-on croire un homme qui se reconnaît lui-même dangereux ? A commis de telles atrocités ? A averti lors de sa garde à vue en 1998: «Si je sors, je recommence» ?

Terreur dans l’Est parisien

Guy Georges est arrêté le 26 mars de cette année-là. Son interpellation met fin à sept années de terreur à Paris pour de nombreuses femmes. Depuis 1991 en effet, sept ont été violées et assassinées et une autre « seulement » agressée avant de réussir à s’enfuir. Le mode opératoire – victime bâillonnée, pieds et poings liés, vêtements déchirés en forme de Z, viol et assassinat à l’arme blanche – est toujours le même. Mais il n’est pas tout de suite évident de faire le lien entre les meurtres, et avec Guy Georges :
-> Certains ont lieu dans des appartements, d’autres dans des parkings, deux données alors différenciées dans les enquêtes criminelles.
-> De plus, Guy Georges ne laisse pas forcément son ADN à chacun de ses passages.
-> Ajoutez-à cela que ce dernier n’agit pas à intervalles réguliers. Des années, des mois ou seulement quelques jours peuvent s’écouler entre deux meurtres.
-> Enfin, un petit passage en prison en 1995-1996 pour l’agression d’une fille, défendue par son petit ami, ne facilite pas la mise en relation avec les meurtres…

SK1, la première trace ADN

Ce n’est qu’au quatrième meurtre, le 10 décembre 1994, qu’un premier élément apparaît : le tueur a laissé du sperme sur sa victime. Cette trace prend alors le nom de « SK1 » équivalent à « Serial Killer 1 » (tueur en série 1). Il s’agit en fait de la première marque génétique relevée sur une scène de crime. Il sera par la suite difficile de confondre cette empreinte avec les autres, sur les trois meurtres suivants… jusqu’en 1998 où l’affaire prend enfin un tournant décisif.

Tandis que la mairie de Paris pose partout des affiches incitant les femmes à se déplacer accompagnées, le juge d’instruction Gilbert Thiel redouble de détermination. Il mobilise tous les laboratoires de France pour comparer l’ADN SK1 à ceux qu’ils ont dans leurs fichiers. Et enfin, le 24 mars, le patron du laboratoire de Nantes identifie enfin Guy Georges. Il a comparé l’ADN du tueur avec un prélèvement de ce dernier datant de 1995. Bien qu’il n’aurait pas du le conserver, il l’avait tout de même gardé «au cas où»… L’homme est aussitôt arrêté, place Blanche, dans le 18e arrondissement de Paris.