25 mars… 421 – La légendaire fondation de Venise

Selon toute vraisemblance, la ville de Venise a pris naissance au cours du VIe siècle et non du Ve. Mais l’histoire a préféré retenir le 25 mars 421, date à laquelle de nombreux habitants d’Italie du Nord se seraient réfugiés dans la lagune pour échapper aux Huns d’Attila.

Aerial view of Venice, Italy. ©Mariordo (Mario Roberto Durán Ortiz) — Travail personnel. CC BY-SA 4.0

Dans la lagune, un refuge idéal

La date du 25 mars 421 participe du mythe de Venise, de son histoire et de son aménagement atypique. Dans la première moitié du Ve siècle, l’Empire romain d’Occident, déjà en perte de vitesse – il disparaîtra en 476 – subit l’invasion des Huns. Quand ces derniers arrivent en Italie du Nord, la population locale n’a d’autre choix que de fuir vers l’Adriatique. Elle se réfugie dans la lagune située entre les estuaires du Pô et du Piave, habitée par quelques pêcheurs. Ces réfugiés, désormais en sécurité face à des Huns plus cavaliers que marins, vont constituer le groupe fondateur de la cité…
Très réaliste, cette histoire ne semble pourtant pas être à l’origine de Venise. La vérité se situerait un en 568, lors de l’invasion du nord de la péninsule italienne par les barbares lombards. La finalité est néanmoins la même : la population locale fuit vers l’Adriatique jusqu’à la lagune, pour ne jamais en repartir.

L’essor de la Sérénissime

Soucieux de se protéger au maximum de la menace venant de l’intérieur des terres, les habitants s’en éloignent le plus possible et font pour cela preuve d’ingéniosité. Pour occuper et relier les 120 îlots qui composent la lagune, des pilotis en chêne et en aulne sont plantés dans la vase et servent de fondations aux maisons. Le principe fonctionnant, il ne va cesser de s’étendre. D’autant que c’est en creusant des canaux de drainage et en assainissant les îlots que la cité va trouver une première occasion de faire fortune : en exploitant le sel.

Dans la première moitié du VIIe siècle, douze villes sont ainsi créées. Ensemble, elles vont former le noyau de l’Etat vénitien.

Un carrefour commercial incontournable

En 810, c’est au tour des Francs, menés par le fils de Charlemagne, Pépin, de tenter de soumettre la population. Tenter seulement car la position géographique de Venise les empêchera de la soumettre.
Cet atout, associé à la protection de la cité par l’Empire romain d’Orient depuis le VIe siècle ainsi qu’à son organisation politique – la souveraineté encadrée d’un doge – depuis 697, et à la présence des reliques de l’apôtre Saint-Marc dès 829, donne à Venise un statut de plus en plus prééminent. Et la Sérénissime ne va pas s’arrêter là. Elle va en effet durablement se positionner comme un carrefour commercial incontournable entre l’Orient et l’Occident.

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