18 mars… 1946 – Ouverture du procès du Docteur Petiot

Il est surnommé par Le Figaro, le 17 avril 1946, «l’un des plus grands procès de l’histoire criminelle». Le jugement en question concerne celui du Docteur Petiot et a démarré un mois avant, le 18 mars. L’homme comparaît pour meurtre et vol d’au moins 24 personnes, une affaire au retentissement international.

L’avocat René Floriot et le docteur Marcel Petiot. ©Auteur inconnu (Keystone-France) — Getty images. Domaine public

La presse le surnomme « Docteur Satan » ou « Barbe bleue des temps modernes ». Sur le banc des accusés, le docteur Petiot est tout bonnement effrayant. Par les actes qui lui sont reprochés d’une part, par son assurance désarmante d’autre part.

L’horreur au 21 rue Le Sueur

L’affaire a débuté le 11 mars 1944, quand des voisins ont alerté la police d’une odeur immonde se dégageant du domicile du docteur, au 21 rue Le Sueur (16e arrondissement de Paris). Là, les autorités ont fait une macabre découverte: des restes humains provenant de 27 corps; et des valises contenant de toute évidence les effets personnels des victimes. Les lieux mêmes laissaient imaginer l’horreur vécue par ces dernières: une cave aménagée avec des doubles portes, une chambre à gaz avec un judas pour observer leur agonie et un puits rempli de chaux vive.

L’enquête a ensuite révélé que Marcel Petiot attirait ses proies en prétextant un faux réseau de résistance. Caché sous une fausse identité parmi les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), le docteur a été arrêté le 31 octobre 1944, soit 7 mois après la découverte faite à son domicile.

Le docteur Petiot, ce héros

Le procès a débuté le 18 mars. Depuis le début, tandis que les faits sont indéniables – lui-même avait déclaré le lendemain de son arrestation «J’ai tué 63 personnes… puisque je vous le dis!», avant de ne plus rien dire – Marcel Petiot ne se démonte pas. Son avocat René Floriot axe de son côté sa défense sur la mauvaise réputation faite injustement de son client. Mais l’accusé, lui, espère encore convaincre les jurés d’une autre vérité… Petiot se présente en héros de la résistance qui n’a fait que son devoir en tuant des criminels nazis et des collaborateurs français.
Bien sûr, il n’en est rien, puisque les victimes étaient en réalité des Juifs ou des malfrats.

Trois heures de délibération sur les 135 charges retenues contre lui aboutissent, le 4 avril 1946, à la condamnation à mort du Docteur Petiot, pour meurtre par préméditation.
Il est guillotiné le 25 mai à la prison de la Santé.