16 mars… 1831 – Victor Hugo présente «Notre-Dame de Paris»

Quatrième roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris est publié le 16 mars 1831. Personnage principal de l’oeuvre, la cathédrale retrouve dans ses pages son prestige perdu pendant la Révolution française. Autour d’elle gravitent d’autres héros non moins célèbres comme Quasimodo, Esmeralda et Frollo.

Première page du manuscrit de Notre-Dame de Paris (BNF). ©Victor Hugo — Encyclopédie Autodidactique Quillet, Tome 3, 1960. Domaine public

Victor Hugo n’a que 29 ans quand son premier grand roman dramatique, intitulé Notre-Dame de Paris, est publié. Le jeune auteur s’est déjà fait connaître dans le registre théâtral avec Cromwell en 1827 et Hernani en 1830. Là, désireux de s’imposer dans le registre romanesque, il reçoit comme conseil de son éditeur Charles Gosselin de tenter le récit historique.

Il faut sauver Notre-Dame

Le jeune auteur va mettre un certain temps à l’écrire, pris à la fois par ses pièces de théâtre autant que par la révolution de juillet 1830 qui conduit à l’abdication de Charles X.
Son histoire en revanche est toute trouvée : la rivalité entre un bossu et un archidiacre tout-puissant, qui se disputent l’amour d’une gitane. Le décor de l’intrigue ? Notre-Dame de Paris, dont Victor Hugo constate impuissant le délabrement année après année.

A cette époque en effet, le monument n’est plus que l’ombre de lui-même. Après avoir perdu sa flèche centrale, démantelée à la fin du XVIIIe siècle, le lieu a perdu sa vocation première pendant la Révolution, devenant un temple de la Raison, puis un entrepôt de vin. Le sacre de Napoléon Ier le 2 décembre 1804 a certes donné lieu à quelques rapides et minimes réparations, mais il n’a en aucun cas redonné au pays surendetté, l’envie de fréquenter la cathédrale et encore moins de l’entretenir. Victor Hugo sera son sauveur.

Renouer avec l’histoire de France

Très investi dans la conservation du patrimoine, luttant – par les mots – contre les « démolisseurs » qui rachètent des vieilles bâtisses pour les revendre en pièces détachées, Victor Hugo écrit moins Notre-Dame de Paris pour honorer le monument que pour alerter l’opinion. Mais celle-ci ne va cette fois pas rester indifférente. L’accueil par les critiques est certes tiède. Mais celui du public est autrement plus enthousiaste!
L’histoire n’a pourtant rien de gai : Quasimodo est traité tel un pestiféré, l’archidiacre Frollo ne recule devant aucune cruauté, Esmeralda termine, en martyre, sur l’échafaud… La version proposée par les studios Disney est nettement plus indulgente!
Mais les lecteurs renouent avec LEUR histoire, LEUR culture : ils redécouvrent le Moyen-Âge, tenu jusque là pour arriéré, et voient leur curiosité éveillée pour ce monument dont Hugo a fait son personnage central. Sous la plume de ce dernier en effet, Notre-Dame reprend vie et se raconte…

Défi relevé!

Il n’en faut pas davantage à un petit groupe d’intellectuels pour se rallier à l’écrivain et encourager la restauration de l’édifice. Dans les années qui suivent, François Guizot crée l’Inspection générale des monuments historiques.
Comme n’osait l’espérer Victor Hugo en préface de Notre-Dame de Paris:
«Inspirons, s’il est possible, à la nation l’amour de l’architecture nationale. C’est là, l’auteur le déclare, un des buts, principaux de ce livre; c’est là une des buts principaux de sa vie.»
Le message a été bien reçu!

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