28 février… 2013 – Benoît XVI renonce à la papauté

A 20 heures ce 28 février 2013, s’ouvre la période dite « sede vacante » signifiant que la chaire de Pierre est vacante. En effet, à Saint Pierre de Rome au Vatican, la renonciation du pape Benoît XVI, âgé de 85 ans, devient effective. La situation est inédite, au moins depuis Grégoire XII, 598 ans avant.

Benoît XVI lors de la messe de canonisation du 17 octobre 2010. ©Kancelaria Prezydenta RP — prezydent.pl. GFDL 1.2

Une renonciation libre et manifeste

Pas moins de neuf papes ont quitté leur charge avant lui depuis le IIIe siècle. Mais Benoît XVI est le seul dont on est sûr qu’il a démissionné en pleine conscience, de sa propre initiative et volonté. Sa renonciation n’en a donc été considérée que plus valide. En effet, selon le canon 332 paragraphe 2 du Code de droit canonique :

«S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit.»

Un coup de tonnerre en latin

Et Benoît XVI ne manque pas de souligner intelligiblement sa décision.
Au matin du 11 février, alors qu’il vient de présider un consistoire ordinaire pour la création de nouveaux saints, il provoque en effet un coup de tonnerre en reprenant le micro. Là, il indique, toujours en latin :

«Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien.»

«Dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner à la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.»

Une décision réfléchie

Certes, Joseph Ratzinger, de son nom de baptême, est âgé de 85 ans et il est fatigué.
Souverain pontife depuis presque huit ans, il se déplace depuis quelques temps et à l’abri des regards, à l’aide d’une canne. Mais ce n’est pas tout. L’année passée, le Saint-Siège a aussi été secoué par la crise des « Vatileaks » (affaire des fuites au Vatican) et l’arrestation de Paolo Gabriele, valet du Pape. Benoît XVI en est sorti amaigri.
Sa décision de démissionner n’est donc pas irréfléchie. Mais personne dans son entourage ou, plus largement, dans l’assemblée des cardinaux, ne semblait s’y attendre. Seul le frère de Benoît XVI, Georg Ratzinger, admet être au courant depuis plusieurs mois de son intention.

De Benoît XVI à François, une période de « sede vacante »

Pour l’annoncer officiellement, le pape a choisi, fait exprès ou non, le 11 février. Il s’agit en effet de la journée mondiale du malade. C’est aussi un jour férié au Vatican car anniversaire des Accords du Latran. Benoît XVI a aussi décidé du jour effectif de sa renonciation, le 28 février, à 20 heures. De là, démarre une période de « sede vacante« , ou « siège (de Saint Pierre) vacant ». Le pape François lui succède le 13 mars.
Retiré depuis dans un petit monastère de la Cité du Vatican, l’ancien pape de 93 ans, bien qu’émérite, est ainsi, en 2021, le pape le plus vieux de l’histoire.

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