27 février… 1848 – Ouverture des Ateliers nationaux

Le 27 février 1848, trois jours après la fin de la Monarchie de Juillet, le gouvernement provisoire proclame la création d’Ateliers nationaux, moins pour contrer le chômage de masse que par opposition au socialiste et agitateur Louis Blanc

Les Ateliers nationaux au Champ-de-Mars (gravure de César Bouton). ©César Bouton — L’Histoire par l’image. Domaine public

Le rêve emprunté de Louis Blanc

Le roi Louis-Philippe Ier a abdiqué le 24 février, entraînant la création d’un gouvernement provisoire et la naissance de la IIe République, impulsée par Alphonse de Lamartine. Parmi ses membres, ce gouvernement compte le socialiste Louis Blanc, dont la présence a été imposée par les ouvriers.
Ce dernier a pour ambition la création d’un ministère du Travail et d’ateliers sociaux. Par le biais de ces espèces de coopératives, Louis Blanc imagine une nouvelle organisation du travail qui permettrait de lutter contre le chômage qui ravage Paris et la province.
Si le socialiste se voit refuser le ministère, il n’abandonne pas moins l’idée des ateliers.

Mais, désireux de s’attribuer le mérite d’un redressement économique et surtout de contenir l’agitateur, le gouvernement crée lui-même, des «Ateliers nationaux». Ainsi, précise le ministre des Travaux Publics Alexandre Marie de Saint-Georges, dit Marie, il s’agit d’«élever autel contre autel».

Mieux que rien

Dans ces ateliers, les ouvriers travaillent sur un mode militaire. Ils sont répartis en brigades, escouades, compagnies… En échange de travail, ils sont tenus de servir dans la Garde nationale et réprimer les éventuelles manifestations. Mais très vite, l’offre ne répond pas à la trop grande demande. Ainsi en avril, cent mille personnes attendent de se voir confiés des tâches. Et les occuper à travers des travaux inutiles se révèle vite trop coûteux.

Leur mécontentement grandissant, l’agitation se fait vite sentir au sein des Ateliers. Les républicains conservateurs profitent alors de leur élection à l’Assemblée Constituante le 23 avril 1848, pour faire fermer ces Ateliers nationaux le 21 juin. Mais si leur utilité faisait débat, leur suppression provoque carrément le désespoir puis l’insurrection. La répression sera sanglante…

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