24 février… 1848 – Abdication du roi des Français, Louis-Philippe Ier

Cumulant les mécontentements à l’égard de la politique restrictive du gouvernement, Paris se soulève. Après deux journées d’émeutes et de barricades, les 22 et 23 février 1848, Louis-Philippe Ier se voit contraint d’abdiquer, le 24. La IIe République est proclamée.

Portrait du roi Louis-Philippe Ier avec les joyaux de la couronne, peint par Winterhalter (1839). ©Franz Xaver Winterhalter. Domaine public

En 1830, Louis-Philippe d’Orléans, «prince dévoué à la révolution», devient roi des Français. Ce titre signifie qu’il est choisi par le peuple pour régner, et non par Dieu comme les 68 rois de France qui l’ont précédé. Il succède ainsi à son cousin Charles X qui mourra en exil six ans plus tard.
La nouvelle monarchie, connue sous le nom de Monarchie de Juillet, est alors fondée sur la Charte de 1830 qui n’est autre que celle de 1814, révisée :

  • le roi conserve le pouvoir exécutif mais partage désormais le pouvoir législatif avec la Chambre des pairs et la Chambre des députés;
  • le drapeau tricolore redevient l’emblème national;
  • les libertés publiques (religieuse et de la presse) sont confortées;
  • le corps électoral est élargi (l’âge électoral passe de 30 à 25 ans et le cens électoral est abaissé). A noter que le refus du gouvernement de François Guizot de réformer à nouveau ce corps électoral dans les années qui suivront, sera l’une des causes directes de la chute du régime en 1848.

Une Monarchie de Juillet divisée

Très vite deux tendances politiques se distinguent chez les Orléanistes :
– les progressistes qui composent le parti du mouvement. Adolphe Thiers en fait partie. Ils prônent une évolution constante du régime, vers le libéralisme. Il encourage notamment un nouvel élargissement du corps électoral.
– le parti de la résistance, incarné entre autres par le conservateur François Guizot, chef du gouvernement de 1840 à 1848. Pour lui, la Charte de 1830 ne saurait être modifiée.

Bien que ce dernier soit aux commandes, les progressistes n’abandonnent pas. Les républicains eux, encore moins. Opposés tout court au régime en place, ils réclament quant à eux, non seulement l’abaissement du cens, mais aussi le suffrage universel.
Les réunions politiques étant interdites, naissent les banquets républicains. Prétextant une volonté de se réunir dans une ambiance bon enfant autour d’un repas, leurs membres viennent écouter d’éminents orateurs politiques.

De la manifestation à l’insurrection

Le gouvernement n’est pas dupe. Aussi, en 1848, quand il apprend qu’un nouveau banquet doit se dérouler le 19 février, il s’empresse de le faire interdire.
Cette nouvelle interdiction est celle de trop pour l’opposition qui appelle le peuple français à se soulever, le 22 février. 6000 manifestants répondent à l’appel. Mais les forces militaires se sont aussi mobilisées, pour contenir d’éventuels débordements et pour protéger le Roi. Le 23 février, des barricades ont été dressées, la tension monte d’un cran. Louis-Philippe saisit alors le degré d’impopularité de Guizot, qu’il renvoie. Ce dernier est remplacé par le comte Molé.
Si cette décision apaise un peu le peuple de Paris, ce n’est que momentané. En effet, un officier de la Garde se sentant menacé, tire sur un insurgé. Cette bavure provoque le chaos. Les manifestants s’indignent et se ruent sur les soldats qui répliquent. Près d’une cinquantaine d’insurgés tombent sous les balles.
Louis-Philippe déplore bien évidemment ce massacre mais refuse de dissoudre le Parlement. Molé démissionne. Louis-Philippe le remplace par Odilon Barrot, l’un des instigateurs des banquets. Mais cela ne suffit plus aux Français.

La fin de la monarchie

Au matin du 24 février, la foule marche sur les Tuileries. Craignant pour sa vie, le roi décide d’abdiquer en faveur de son petit-fils, le prince Philippe, comte de Paris âgé de 9 ans. Il espère en effet encore sauver la monarchie. Et Barrot, de même que les députés, semblent favorables à cette succession. Mais en début d’après-midi, les insurgés arrivent au Palais Bourbon et empêchent les parlementaires de proclamer le nouveau roi. Ces derniers confient donc le pouvoir à un gouvernement provisoire. Dans la soirée, Alphonse de Lamartine qui en est l’un des membres, déclare alors la IIe République.
Celle-ci va durer quatre ans, jusqu’à l’avènement du Second Empire de Napoléon III.

Resté caché puis parti précipitamment direction Le Havre, Louis-Philippe embarque le 2 mars direction l’Angleterre, où la reine Victoria l’accueille. Il meurt deux ans plus tard, le 26 août 1850.

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