maquette de la locomotive à vapeur

21 février… 1804 – Au pays de Galles, naissance du chemin de fer

A Pen-y-Darren, une région minière du pays de Galles, le 21 février 1804, une locomotive à vapeur tractant dix tonnes de fer et soixante personnes montées sur cinq wagons, effectue 16 km en 4 heures et 5 minutes. L’exploit marque le début de l’histoire du chemin de fer.

La locomotive qui fait sensation ce jour-là à Pen-y-Darren, près de Merthyr Tydfil au pays de Galles, est une invention de Richard Trevithick, un ingénieur des mines. L’homme est depuis toujours un passionné par la motorisation à vapeur et a longtemps travaillé sur ce projet pour le mener à bien. Car tout l’exploit est là : utiliser la vapeur comme moyen de traction.

Des chevaux à la vapeur

En effet, l’idée de tirer des charges lourdes sur des rails remonte aux premières exploitations minières, soit à l’Antiquité. Au Moyen-Âge, des rails en bois et des chevaux pour tracter ces charges étaient utilisés. Puis, le fort développement de la métallurgie à la fin du XVIIIe siècle a permis de remplacer le bois de ces rails par le fer.
La vapeur est elle aussi issue de l’industrie minière. Thomas Newcomen l’utilise le premier sur une machine, en 1712. Sa création de la machine à vapeur sera impulsée en 1769 par James Watt.

C’est alors que Richard Trevithick parvient à exploiter ce principe de la vapeur pour remplacer les chevaux encore utilisés pour la traction. Il conçoit ainsi la première locomotive, soit une chaudière montée sur un chariot. La vapeur sous pression actionne un piston qui lui-même, fait tourner une grand volant extérieur. La vapeur s’échappe ensuite dans l’atmosphère, qui fait office de condenseur (schéma ci-dessus). En ce début d’année 1804, le pari est gagné.

Toujours plus loin, toujours plus vite

Dès lors, les performances successives vont écrire l’histoire du chemin de fer.
En 1825, la ligne Stockton & Darlington, dans les Midlands, est inaugurée. Elle constitue l’équivalent en tous points d’un chemin de fer minier, avec ses chevaux et ses machines à vapeur fixes qui tirent les wagonnets, mais à l’air libre.
Puis, le projet d’une première ligne commerciale entre Liverpool & Manchester fait s’affronter de nombreux ingénieurs. L’objectif : faire rouler sur cette ligne, un engin de moins de 6 tonnes, à une vitesse de 16 km/h. George Stephenson remporte le concours avec sa « Rocket » (Fusée, en français). Celle-ci a l’aspect que l’on connaît: chaudière horizontale, cheminée à l’avant, foyer à l’arrière. Elle pèse à peine plus de 4 tonnes et roule à 56 km/h!
Dès 1835, une autre atteint la barre symbolique des 100 km/h.

De l’autre côté de la Manche

La France n’est pas en reste :
Sa première voie ferrée, dédiée au transport de marchandises, date de 1827, entre Saint-Etienne et Andrézieux, soit sur 18 km.
Dès 1832, elle y transporte des voyageurs. Trois ans après, c’est entre Saint-Etienne et Lyon qu’une nouvelle ligne traverse le paysage, pour les marchandises.
La première ligne tout entière dédiée aux voyageurs voit le jour entre Paris et Le Pecq, le 24 août 1837. Longue de 19 kilomètres, elle se prolonge dix ans plus tard jusqu’à Saint-Germain-en-Laye.
En 1848, à la veille de sa Révolution industrielle, l’Hexagone compte déjà 2000 km de voies ferrées. Six ans plus tôt, le pays a connu son premier drame ferroviaire sur la ligne Paris-Versailles, à Meudon. Bilan: 55 morts, dont l’explorateur de l’Antarctique, Jules Dumont d’Urville.
Aujourd’hui, le Réseau Ferré National s’étend sur 30 000 km de voies ferrées, dont 2600 de lignes à grande vitesse. Il se place au deuxième rang des plus grands réseaux ferroviaires d’Europe, derrière l’Allemagne, et à la première place des réseaux grande vitesse.

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