11 février… 624 – Mahomet rompt avec les Juifs de Médine

Le 11 février 624 (ou approchant) à Médine, suite à une nouvelle révélation divine, Mahomet enjoint ses disciples à prier non plus vers Jérusalem mais, désormais, vers La Mecque. Il rompt ainsi avec les tribus juives de la ville, provoquant un bain de sang.

Après la conquête de La Mecque, Mahomet détruit les idoles de la Kaaba.©Unknown author — Histoire Geographie 5ieme Nathan. Domaine public

Mahomet a fui de La Mecque vers Médine un an et demi plus tôt, en juillet 622.

La «naissance» du Prophète

Suite à une première révélation du Dieu unique (Allah, en arabe), reçue en 610 de l’ange Gabriel (Jebrail, en arabe), l’homme a commencé à annoncer la parole divine. Sensible à la théologie juive, le Prophète s’en est inspiré au début. Dans ses recommandations de jeûne, fixé au mois de Ramadan (9e mois de l’année lunaire), mais aussi d’interdits alimentaires comme le porc. Il a prescrit également de se tourner vers Jérusalem pour la prière.

Les marchands de La Mecque ont alors vu d’un mauvais oeil l’émergence de cette nouvelle religion, dont les premiers disciples appelés mu’min (rallié, qui deviendra en français musulman) sont devenus les victimes. En effet, de nombreux pèlerins venaient à l’époque adorer les idoles et la pierre noire sacrée du sanctuaire, la Kaaba. Craignant que les adeptes de Mahomet ne deviennent trop nombreux et de fait, que ces pèlerinages – dont ils tiraient le gros de leurs revenus – disparaissent, ils s’en sont pris à eux.

Les Juifs d’un côté, les musulmans de l’autre

Le Prophète a alors préféré fuir La Mecque. Le 16 juillet 622, il quitte sa ville natale avec 70 disciples et s’installe à Yathrib, une oasis à 400 kilomètres au nord. L’événement est désigné par le mot arabe hijra (Hégire, en français). Il signifie émigration. Comme le décidera plus tard le calife Omar, cette date marque le jour fondateur de l’islam et le premier du calendrier musulman dit aussi hégirien.

Yathrib a alors changé de nom pour Medinat Nabi (qui signifie la ville du Prophète ; Médine, en français). Mahomet y a aménagé un lieu de prière ou mosquée (masjid, en arabe). Là, il y a rallié de nouveaux adeptes et fédéré ses disciples mecquois et médinites. Ces derniers sont de la tribu des Aws. Mais trois communautés juives de la ville persistent dans leur refus de se convertir à cette nouvelle foi. Ils reprochent notamment à Mahomet de détourner le sens originel des textes bibliques.

NB: Selon l’islam, la Révélation divine tient en quatre livres successifs : la Torah de Moïse, les Psaumes de David, les Évangiles de Jésus, enfin le Coran de Dieu lui-même. Chaque livre complète… et annule les précédents.
Le seul livre que l’islam considère donc comme valide est le Coran. Celui-ci évoque les grandes figures de la Bible, Abraham, Moïse et même Jésus et Marie, mais dans des termes qui n’ont rien à voir avec le texte biblique. (cf. Herodote.net)

A Médine, la rupture dans le sang

Ajoutez à cela, en février 624, que Mahomet prescrit, suite à une nouvelle révélation divine, de se tourner non plus vers Jérusalem pour la prière mais vers La Mecque et la pierre noire de la Kaaba désormais.
La rupture achève d’être consommée par le ralliement successif de ces communautés juives aux Mecquois et non à la population de leur propre ville de Médine, lors des batailles de Badr en 624, d’Ohod en 625 et du Fossé en 627.
La dernière tribu juive de Médine, les Banu-Kuraiza, se rend cette année-là à Mahomet après un siège de 25 jours. Les musulmans décapitent alors les 600 à 700 hommes qui la composent.
Suite à cela, en décembre 629 ou janvier 630, Mahomet conquiert La Mecque pour de bon. Il y détruit les idoles de la Kaaba. Le lieu de culte devient dès lors le symbole sacré de l’islam vers lequel tous les musulmans se tourneront à l’avenir.

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