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9 février… 1953 – Le Livre de Poche, un nouveau format littéraire

Dès le 9 février 1953, paraissent des livres d’un nouveau genre, alors imaginé par Henri Filipacchi, secrétaire général de la maison Hachette. Cette nouvelle collection, un peu déconcertante au premier abord, est promise à un bel avenir. Elle a pour nom Le Livre de Poche.

Source : AFP.

Petit mais « quali »!

Le prix du livre est aussi petit que son format… Il coûte en effet deux francs seulement. A peine plus que le coût d’un quotidien. Son nom ? Le Livre de Poche, une collection lancée par Henri Filipacchi de la société Hachette et édité par la Librairie Générale Française.

Les premiers romans à être publiés dans ce tout nouveau format sont Koenigsmark de Pierre Benoit, Les clés du royaume d’A. J. Cronin, Vol de nuit de Saint-Exupéry, Ambre de Kathleen Winsor, pour ne citer qu’eux… En toute logique, ces titres portent respectivement les numéros 1, 2, 3 et 4 sur leurs tranches. Suivront des dizaines de milliers d’autres…

Les débuts du Livre de Poche sont discrets. On s’interroge sur le peu de valeur que Filipacchi semble donner à la littérature. Car des livres en petit format, il en existe déjà. Ce sont des romans de gare, de la « littérature de colportage ». Aussi, quelle idée d’abaisser Saint-Exupéry, Hemingway et consort à ce niveau…
La curiosité l’emporte cependant. De là, les clients vont réviser leur jugement et ne pas cesser de se multiplier. Le pari est gagné !

Un projet démocratique

En créant cette collection, Filipacchi désirait rendre la littérature plus accessible. Une chose permise par la réduction du format, offrant un transport plus facile, et celle de son coût, ouvrant la lecture à une clientèle plus jeune et moins fortunée.
De plus, il s’agissait de démocratiser la littérature, en faisant se côtoyer des auteurs de toutes origines, de toutes époques et de tous genres, du thriller au manuel de cuisine, du roman historique au recueil de poésie, de Mary Higgins Clark à Montaigne, de Françoise Sagan à Descartes…
Pour permettre cela, Filipacchi a réuni plusieurs éditeurs dans ce projet : Albin Michel, Grasset, Gallimard, Calmann-Lévy… Ces derniers lui ont fait confiance, Filipacchi avait déjà fondé les collections «Bibliothèque de la Pléiade» et «Série noire». Nul doute que «Le Livre de Poche» allait marcher!

De 8 millions à 1 milliard d’exemplaires

Certes, les ventes sont timides les premières années. Elles s’accélèrent cependant dès les années 1960: de 8 millions d’exemplaires en 1957-1958, le nombre d’ouvrages vendus passe à 28 millions en 1969. Mieux, il s’inscrit de plus en plus fortement comme un élément incontournable dans le quotidien des Français. Encouragée par ce plébiscite toujours croissant, la collection ne se limite plus à la réédition et s’élargit à des séries spécialisées.

A la veille de ses 70 ans d’existence, Le Livre de Poche a été vendu à plus d’un milliard d’exemplaires. Il est aussi le premier éditeur de format poche en France.
De même, la maison encourage toujours autant la diversité, tant des éditeurs qu’elle accueille, que des auteurs qu’elle publie. Des best-sellers contemporains aux grands classiques littéraires, en format papier ou numérique, Le Livre de Poche ne craint pas la concurrence – Pocket, Folio, J’ai lu, 10/18… Le but premier reste le même : connaître et faire connaître la littérature au plus grand nombre!