8 février… 1587 – Elisabeth Ire fait exécuter Marie Stuart

Promise à un grand destin, la reine de France et d’Ecosse Marie Stuart enchaîne en réalité les déboires, jusqu’à sa mise à mort par décapitation le 8 février 1587 sur ordre de sa cousine, la reine d’Angleterre Elisabeth Ire.

Exécution de Marie Stuart (Jane Kennedy bandant les yeux de la reine). ©Abel de Pujol — Valenciennes, musée des Beaux-Arts. Domaine public

La mort de son père le roi d’Ecosse Jacques V Stuart, alors qu’elle n’a que 6 jours, fait de Marie Stuart la plus jeune reine de tous les temps. Après cette tragédie, sa mère Marie de Guise a souhaité en effet assurer l’avenir de sa fille, prématurée et fragile, en la faisant couronner au plus vite, soit à l’âge de 9 mois.

Reine de France et d’Ecosse

A l’âge de 5 ans, par l’entremise de la famille de sa mère, très catholique et très influente à la cour de France, la petite Marie est promise au fils du roi Henri II, François II.
L’Ecosse, plus favorable à une union avec la France qu’avec l’Angleterre, voit dans ce futur mariage un nouvel espoir pour son avenir, fragilisé par les guerres internes.
Jusqu’à leur union en 1558, Marie, devenue une belle jeune femme, brille à la cour d’Henri II et de Catherine de Médicis. Son nom écossais, Stewart, est alors francisé en « Stuart ».
Le jour de leur mariage, Marie et François ont respectivement 16 et 14 ans.
Ils montent sur le trône un an après, alors qu’Henri II a trouvé la mort lors d’un tournoi.
Mais la malchance chez les Valois se poursuit : François II meurt après à peine deux ans de règne, le 5 décembre 1560.
De retour en Ecosse, son pays natal dont elle aussi la souveraine, Marie Stuart découvre un pays divisé entre catholiques et protestants, ces derniers étant menés par un certain John Knox, qui voue à la reine une haine farouche.

Le prix du veuvage

Marie délaisse assez vite la réalité du pouvoir à son demi-frère, le comte Moray. Elle choisit par ailleurs de se remarier avec un homme qu’elle aime follement, Lord Darnley. Mais celui-ci se révèle brutal et infidèle. Tout autant jaloux, il fait assassiner un Italien qu’il soupçonne être l’amant de sa femme… Les problèmes conjugaux du couple royal ne font que desservir la couronne et son image. Il donne néanmoins naissance à un héritier, le futur Jacques VI.
Ces problèmes prennent fin brutalement en février 1567, alors que Lord Darnley est victime d’un attentat. Soupçonnée d’en être l’instigatrice, Marie aggrave son cas en épousant trois mois plus tard, le réel responsable de cet assassinat, le comte de Bothwell.
Pour la noblesse écossaise, c’en est trop. Elle fait enfermer sa reine au château de Lochleven où Moray la contraint à abdiquer en faveur de son fils.

Dix-huit ans de captivité

La «Rose d’Ecosse», ainsi que la surnomme son peuple, n’est plus rien. En 1568, Marie Stuart parvient à s’évader et se réfugie en Angleterre, auprès de sa cousine, Elisabeth Ire.

NB : Elisabeth Ire est la fille d’Henri VIII. Henri VIII avait une soeur, Marguerite Tudor. Celle-ci a eu Jacques V qui a eu Marie Stuart. Ainsi, Jacques V et Elisabeth Ire étaient cousins au premier degré et Elisabeth Ire et Marie, cousines au deuxième degré.

Mais Elisabeth, protestante et craignant de se voir reprocher de soutenir une possible meurtrière, ne se montre pas longtemps secourable. Surtout, Marie fait figure de rivale et peut potentiellement inciter les catholiques d’Angleterre à se soulever… Elle fait donc emprisonner Marie. Sa captivité va durer dix-huit ans, au terme desquels les conseillers d’Elisabeth l’incitent à la faire supprimer purement et simplement.

Autour d’Elisabeth, l’histoire se répète

Pour justifier sa mise à mort, Marie est piégée par ces derniers et se retrouve accusée d’avoir voulu faire assassiner sa cousine, la reine. Elle est ainsi condamnée à la décapitation, comme la propre mère d’Elisabeth Ire, Anne Boleyn, l’a été avant elle.

C’est ainsi que le 8 février 1587, Marie Stuart, ancienne reine d’Ecosse et reine douairière de France, est exécutée. Mal d’ailleurs, puisque le bourreau doit s’y reprendre à trois fois pour lui trancher la tête.
Enfin, comble de l’ironie, c’est à Jacques VI d’Ecosse, fils de la condamnée, qu’Elisabeth Ire lèguera sa couronne d’Angleterre. Il sera donc Jacques Ier dès 1603 et inaugurera la dynastie des Stuart.

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