3 février… 1468 – L’humanité hérite de l’imprimerie de Gutenberg

A Mayence (Allemagne) le 3 février 1468, le graveur sur bois Johannes Gensfleisch, connu sous le nom de Gutenberg, meurt à près de 70 ans. Il lègue au monde son invention révolutionnaire : l’imprimerie.

Sa trouvaille figure comme un tournant majeur dans l’histoire de l’humanité.
En créant l’imprimerie, Gutenberg permet en effet un accès inédit et universel à l’instruction, grâce à la réduction drastique du coût de fabrication des livres qu’il a, du même coup, permis.

Des manuscrits rares et précieux

Au début du Moyen-Âge et jusqu’au début du XVème siècle, les livres étaient d’une grande rareté et de fait, des objets très précieux. La raison à cela est qu’ils étaient fabriqués un à un, dans des monastères puis ensuite dans des ateliers laïcs, par des copistes et des enlumineurs. Le travail était délicat et extrêmement long. Aussi, chaque manuscrit (livre écrit à la main) n’en prenait que plus de valeur et n’était ainsi rendu accessible qu’à quelques notables très fortunés.

Une image, et pourquoi pas du texte?

Seulement, l’époque de Gutenberg est devenue plus exigeante en matière de savoir et d’éducation. Les savants et les étudiants sont plus nombreux et avec eux, le besoin de lire et d’apprendre, plus grand.
C’est alors qu’à Mayence, un graveur sur bois du nom de Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg, a l’idée d’adapter un procédé connu depuis déjà longtemps en Chine et en Europe, utilisé pour la reproduction d’image. Le principe consiste à la graver sur une surface en cuivre ou en bois, puis à enduire d’encre la partie en relief pour enfin, presser une feuille de papier dessus et ainsi fixer l’image sur celle-ci.

Du plomb… dans la cervelle !

Gutenberg applique donc cette même technique avec… du texte. Simple mais il fallait y penser! L’homme a conçu des caractères mobiles en plomb. Chacun représente une lettre ou un chiffre, en relief. En les assemblant, ligne par ligne, le graveur compose ainsi une page d’écriture, pouvant être reproduite autant de fois que souhaitées. Puis, en changeant le support des caractères, une autre page peut ensuite être imprimée, là encore au nombre voulu. Et ainsi de suite. Le coût de reproduction et le temps consacré à celle-ci s’en trouve considérablement réduit. Et le prix des livres, qui ne sont dès lors plus manuscrits, aussi. L’accès au savoir peut ainsi s’élargir.

La Bible de Gutenberg

Le succès de l’atelier de typographie que Gutenberg ouvre à Mayence ne se fait pas attendre!
En 1455, il achève d’imprimer la Bible, un travail de longue haleine mais véritablement concluant. L’ouvrage, publié à quelques dizaines d’exemplaires, fait 1400 pages. Sur chacune d’entre elles, deux colonnes de quarante-deux lignes. Cette Bible de Gutenberg passera à la postérité comme le premier livre imprimé de l’histoire… Nul doute que ce soit vrai. Reste que Gutenberg et son associé Johann Fust en ont publié bien d’autres…

Le savoir démocratisé

La technique révolutionnaire de l’imprimerie développée par Gutenberg se développe très vite en Europe. Venise tout d’abord où la Renaissance bat son plein, puis Paris, Lyon et Anvers, deviennent des hauts lieux de l’imprimerie.
Avant 1500 soit en moins de 50 ans, entre 15 et 20 millions de livres sont imprimés, pour plus de 30 000 éditions. 77% sont en latin et la moitié sont religieux.
En plus de se répandre comme une traînée de poudre, la technique évolue : les imprimeurs aèrent davantage les textes en séparant les mots et en incluant la ponctuation. Ils déterminent aussi l’orthographe…

C’est ainsi que le monde s’ouvre à la connaissance, en langage écrit…

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