25 janvier… 1785 – L’affaire du collier de la Reine fait scandale

Le 25 janvier 1785, le cardinal de Rohan croit remettre un collier qu’il vient d’acquérir pour Marie-Antoinette, à l’un des officiers de la reine. Il s’est en réalité fait escroquer et déclenche un scandale qui va achever de ruiner la réputation de cette dernière.

Le collier de la reine (reconstitution en zirconechâteau de Breteuil) et portrait de Marie-Antoinette. ©Château de Breteuil — Travail personnel. CC BY-SA 3.0

En 1781, les joailliers Böhmer et Bassenge présentent leur création au jeune couple royal que forment Louis XVI et Marie-Antoinette. Il s’agit d’un collier composé de 647 joyaux, pesant 2300 carats. Les deux bijoutiers le destinaient au départ à la favorite de Louis XV, la comtesse du Barry.
Le collier est une véritable merveille. Et son prix – 1 600 000 livres ! – véritablement exorbitant… Aussi les souverains préfèrent-ils se montrer raisonnables et refusent de l’acquérir.

Association de malfaiteurs

L’affaire, qui n’en est pas encore une, aurait pu en rester là et ne causer aucun dommage supplémentaire à la réputation de la reine… Car il est vrai que cette dernière est déjà peu appréciée du peuple en raison de sa frivolité. Elle s’y complait entourée de jeunes aristocrates tout aussi superficiels et désinvoltes.

Parmi eux, le prince et évêque de Strasbourg Louis de Rohan.
Ambitieux, il entreprend de se rapprocher de la reine.
Il rencontre alors une jeune femme répondant au titre de comtesse de la Motte-Valois. Cette dernière est une descendante d’un bâtard du roi Henri II. Elle multiplie les arnaques avec son complice Giuseppe Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro.

La reine vaut bien un collier

La comtesse de La Motte-Valois assure au cardinal de Rohan être une intime de la reine et pouvoir aider celui-ci à gagner ses bonnes grâces. Il lui confie donc plusieurs cadeaux destinés à Marie-Antoinette et croit les billets de remerciements qu’il reçoit, écrits par elle. Rohan pense même être face à elle lors d’une entrevue secrète organisée à minuit près du Petit Trianon… Il s’agit en réalité d’un sosie de la reine, engagé par la comtesse.
Croyant avoir gagné son coeur, le cardinal se laisse même convaincre que la reine souhaite de lui qu’il acquiert un certain collier en son nom. Il doit pour cela signer quatre reconnaissances de dettes de 400 000 livres, que Marie-Antoinette lui remboursera, bien sûr… Lors d’une séance de spiritisme, Clagiostro lui garantit que cela vaudra à Rohan la place de Premier Ministre.

Le cardinal accepte donc et la comtesse de La Motte-Valois annonce aux joailliers que la reine souhaite finalement acheter le collier. Le 25 janvier 1785, le cardinal de Rohan récupère alors l’objet puis le confie à un prétendu officier de la reine. Marie-Antoinette n’en verra bien sûr jamais la couleur. Le collier est aussitôt récupéré par La Motte-Valois qui s’empresse de le revendre au détail, à Londres.

L’heure des comptes

Quelques mois plus tard, Rohan se montrant incapable de régler ses échéances, les joailliers se présentent devant la reine pour réclamer leur dû. Ne comprenant rien, elle en informe le roi qui décide de porter l’affaire au grand jour.

Le 15 août, le cardinal doit célébrer la messe de l’Assomption dans la chapelle de Versailles. Le couple royal le convoque alors et ne lui offre d’autre choix que de s’expliquer. Il est enfermé à la Bastille tandis que Jeanne de La Motte est elle-aussi mise aux arrêts. Cagliostro quant à lui, est en fuite.
Lors du procès de l’évêque en mai 1786, la noblesse et le clergé s’insurgent contre les accusations portées à l’un d’entre eux. Rohan est plus naïf que coupable selon eux. Très vite, c’est vers la reine, à qui l’on reproche plus que jamais les dépenses inconsidérées, que les yeux se tournent.
Rohan est finalement relaxé. Il est néanmoins dépouillé par le roi de toutes ses charges et exilé à l’abbaye de la Chaise-Dieu.
La comtesse de La Motte-Valois est quant à elle, fouettée en place publique. Puis elle est marquée au fer rouge et détenue à perpétuité à La Salpêtrière, d’où elle s’évadera peu après. Ses complices eux, sont condamnés à l’exil par contumace.

Madame Déficit

Sa réputation fortement entachée par cette histoire, Marie-Antoinette ne parviendra pas à apaiser le ressentiment populaire. L’affaire du collier lui vaudra le surnom de « Madame Déficit« … L’éclatement de la Révolution, trois ans plus tard, entraînera la chute de la reine et de Louis XVI, tandis que Rohan siègera aux Etats Généraux.

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